BHL : « L’histoire est ce que les hommes qui la font sont capables d’en faire. » (Le Grand Rendez-vous Europe1 – CNews – Les Echos)

Une certaine vision du monde et un sens indéniable de la formule…  » L’histoire est ce que les hommes qui la font sont capables d’en faire. » Le philosophe Bernard-Henri Lévy était l’invité, ce dimanche 27 juin, de l’émission Le Grand Rendez-vous Europe1 – CNews – « Les Echos », à l’occasion de la parution de son 46e livre « Sur la route des hommes sans nom » et de la diffusion, le 21 juin dernier sur Canal+, de son film-documentaire « Une autre idée du monde », co-réalisé avec Marc Roussel.

La pandémie ne réduit BHL ni au silence ni à l’immobilité. Pour l’intellectuel de 72 ans, cette crise  » nous a appris que nous étions exagérément dociles, et qu’on se coupait un peu facilement du monde ». Aussi, pas question pour ce globe-trotter de l’humanitaire de se barricader, de fermer la porte et de jeter la clé. 

Relativiser la crise sanitaire

En 2020, BHL a donc entrepris « masque sur le nez mais pas sur les yeux », un tour du monde des endroits les plus inhospitaliers de la planète : les camps de migrants sur l’île grecque de Lesbos , le front de guerre kurde, les affrontements entre factions libyennes… Il a même tenté d’entrer, sans y parvenir, dans la bande de Gaza et au Yémen. 

Son documentaire tourné au plus près du terrain doit nous sortir de la torpeur dans laquelle l’urgence sanitaire nous avait plongée, pour donner à voir et à comprendre les enjeux internationaux. « Pendant la crise du Covid, nous nous sommes tous transformés en statisticiens », souligne Bernard-Henri Lévy. Or, la politique ce sont des corps, des visages, des singularités. »

BHL nous invite à relativiser la crise sanitaire, à regarder au-delà. « Des chefs d’Etat plus cyniques en ont profité pour avancer leurs pions », assure-t-il. Sans surprise, ses cibles principales se nomment Bachar el-Assad, Recep Tayyip Erdogan , Vladimir Poutine. Et à nous rapprocher de ceux et celles qui combattent les totalitarismes en marche. 

Humaniser la politique

Aux confins de la Turquie et de la Syrie, par exemple, BHL est une nouvelle fois allé à la rencontre des combattantes kurdes. « Ces jeunes filles ce sont nos sentinelles. » BHL va jusqu’à comparer ces soldates à des amazones et à des Antigone. « Elles ont entre leurs mains un peu de l’histoire universelle ». Elles sont le grain de sable dans les mécaniques des monstres froids. » 

Parti à la rencontre des migrants à Lesbos, le philosophe met quiconque au défi de rester insensible à cette détresse. « Ces migrants sont otages de querelles politiciennes répugnantes populistes de gauche et de droite.  » Le philosophe plaide pour une politique européenne sur l’immigration plus humaine qui cède aussi à l’émotion. 

Enfin, rappelant son engagement contre les idéologies dangereuses de la pureté, « le fascisme, le communisme, l’islamisme qui partagent le même imaginaire », Bernard-Henri Lévy apporte un bémol à l’enthousiasme autour du monde d’après. « Je ne crois pas à une renaissance. » Et s’il ne minore pas la réalité de la crise écologique , l’intellectuel craint que le « discours collapsologique ne nous empêche de voir le désastre humain, ces peuples que l’on repousse aux limbes de l’humanité ».

Yves Vilaginés

https://www.lesechos.fr/economie-france/social/pour-bhl-cette-crise-nous-rend-dociles-et-nous-coupe-du-monde-1327277


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