B.H. Lévy « On a empêché, en Libye, le fiasco syrien d’aujourd’hui. » – (Interview de T. Guerrier / Europe 1)

BHL EUROPE 1 3 AOUT 2011[mp3]https://bernard-henri-levy.com/mp3/entretien03aout2011.mp3[/mp3]

Ce matin, Bernard-Henri Lévy était l’invité de Thierry Guerrier sur l’antenne d’Europe 1 pour évoquer la Libye après l’assassinat du Général Younès (voir aussi l’article de B.H. Lévy paru dans Libération), et les interrogations liées, pour certains, au statut du gouvernement provisoire, le CNT,  ainsi que l’engagement de la France auprès des insurgés libyens.

« L’objectif de guerre c’était d’empêcher ce qui se passe en Syrie. Kadhafi, a commencé, entre le 15 et le 19 février dernier,  à faire sur grande échelle, ce que Bachar al Assad fait aujourd’hui.  Empêcher qu’un pouvoir assassin massacre son propre peuple, c’etait l’enjeu. On y a réussi. »

Bernard-Henri Lévy revient également sur la mort du général Younès : « Ce n’est pas la première fois qu’une résistance voit certains de ses dirigeants assassinés par agents infiltrés du camp adverse. C’est l’histoire même des résistances qui raconte cela. Cela ne veut pas dire que le CNT est divisé. Cela veut dire que Kadhafi a des agents infiltrés jusque dans les villes libérées. » Sur l’hypothèse d’un retour des islamistes : « C’est vrai en Tunisie, c’est vrai en Egypte, ces Printemps arabes donnent lieu à une bataille politique  d’une extrême intensité et d’une extrême violence entre les démocrates et les islamistes. Evidemment l’enjeu, en Libye, c’est que les démocrates l’emportent. »

« Je ne dis pas que l’on aura une démocratie churchillienne demain matin . Mais bien sûr qu’elle est possible. Ce serait désespérant, franchement, de penser qu’un pays est condamné à jamais, par je ne sais quel décret naturel, à la tyrannie. »

L’alternative, ou la solution, pour en finir ? demande Thierry Guerrier : « Un régime normal en Libye. Et continuer ce qui est déjà fait : des négociations politiques entre le CNT et les gens de Tripoli qui n’ont pas de sang sur les mains. Mais des vraies. Des négociations pour écarter Kadhafi et sa famille du pouvoir, préalable absolu. Et fabriquer un embryon d’Etat sérieux. Les négociations politiques, elles ont lieu, ce sont celles-là, depuis des semaines et des semaines ! » Quant à l’échéance, Bernard-Henri Lévy n’en indique aucune car « si la coalition voulait, elle règlerait le problème rapidement. Le souci, ce sont les règles d’engagements, c’est l’évitement des victimes civiles. L’Otan a des règles extrêmement strictes – et  tant mieux –  qui s’imposent aux armées alliées. Quand on a en face de soi un Kadhafi qui utilise des boucliers humains, c’est cela qui prend du temps. »

Il défend également le choix de Nicolas Sarkozy et de la France  :  «  Non seulement ce n’est pas une erreur, mais c’est la première fois qu’une grande démocratie aura vraiment appliqué ce devoir de protection des civils pour lequel je me bats, avec d’autres, depuis 35 ans.  »

Laurence Roblin


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