Bernard-Henri Lévy, Albert Cohen et Marcel Proust (La Dépêche, le 22 février 2016)

bhl photo el pais

 

Lors de sa conférence à Toulouse, le 10 février, Bernard-Henri Lévy a beaucoup parlé de foi et de politique. Dans son livre «L’esprit du judaïsme», qu’il venait présenter, il est aussi beaucoup question de littérature. Le philosophe revient sur ces grands écrivains français qui, un jour ou l’autre (et parfois sur de longues périodes) ont succombé au délire antisémite. Dans la cohorte des pousses au crime d’avant-guerre, Bernard-Henri Lévy cite Paul Morand, Blaise Cendrars, Pierre Drieu la Rochelle et les plus «présentables» (en apparence) que sont restés dans nos mémoires Jean Giraudoux ou Georges Bernanos. Céline est un cas à part, dont les pamphlets étaient «abjects mais talentueux».

Plutôt que la détestation, BHL préfère l’hommage, consacrant de très belles pages à Albert Cohen et Marcel Proust. «Albert Cohen a joué un rôle très important dans ma vie comme de celle de beaucoup de juifs de ma génération, explique Bernard-Henri Lévy. Il nous a aidés dans notre cheminement vers l’affirmation de l’être juif. Il a été le premier à dire aux juifs qu’ils pouvaient être beaux, forts et libres. C’est un geste métaphysique de première importance. Le cas de Proust est différent. Je m’intéresse à la façon dont son judaïsme, même secret, même non affirmé, a joué un rôle décisif dans la renaissance littéraire française au début du XXe siècle. Ma thèse est la suivante : c’est parce que Proust était juif que la Recherche du temps perdu a été un formidable levier permettant à la littérature de se relever alors qu’elle était en train de mourir. Une révolution s’est opérée et le rôle de Proust a été essentiel».

 « L’esprit du judaïsme », Grasset, 440 pages, 22 €.

http://www.ladepeche.fr/article/2016/02/22/2282196-bernard-henri-levy-albert-cohen-et-marcel-proust.html

 

Mise en page 1


Classés dans :,