Bernard-Henri Lévy, Beigbeder et la guerre en Libye

beigbeder 2Mot de Frédéric Beigbeder sur Bernard-Henri Lévy dans le dernier numéro de Transfuge :

« je serais bien incapable de déclencher une guerre comme lui ; là il m’a épaté ; je crois que c’est la première fois qu’un écrivain déclenche une guerre pour écrire un livre ; même Malraux et Hemingway n’ont pas réussi à faire cela! ».

L’interviewer signale que Beigbeder, à cet instant de l’entretien, « rit ».

Tant mieux.

Car pour tous ceux et celles qui ont suivi à la trace cet engagement de Bernard-Henri Lévy en Libye, ce mot laisse rêveur. Il est drôle, certes. Mais il fait l’impasse sur le sérieux, la gravité, de cet engagement ainsi que sur les risques – physiques, mais aussi intellectuels – pris par un écrivain qui ne s’est pas contenté de « déclencher » cette guerre mais qui l’a vraiment accompagnée sur toute sa longueur.

Que cette guerre de BHL reste, à bien des égards énigmatique, qu’on ne sache pas grand-chose sur les ressorts qui l’ont animé pendant cette période, apparemment très intense, de sa vie, c’est certain. Et on en saura d’ailleurs plus, beaucoup plus, avec la parution de son Journal de cette période, intitulé La Guerre sans l’aimer et que Grasset annonce pour le 9 novembre. Mais, pour le moment, évitons les interprétations à l’emporte-pièce. Attendons.

Liliane Lazar


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