Bernard-Henri Lévy et Gilles Bernheim dialoguent ce soir à la Sorbonne (La Règle du Jeu, le 8 janvier 2013)

bernard-henri-levy-gilles-bernheimCe soir, au grand Amphithéâtre de la Sorbonne, c’est à guichet fermé que le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, et le philosophe Bernard-Henri Lévy dialogueront sur le thème « la Spiritualité face à la terreur et à la violence : penser le religieux au XXIème siècle », à l’occasion du cinquantième anniversaire du centre communautaire de Paris. Un débat animé par Ilana Cicurel qui nous livre les interrogations que lui inspire cette rencontre.

Si « connaître Dieu, c’est savoir ce qu’il faut faire », si « l’éthique n’est pas le corollaire de la vision de Dieu mais cette vision même », si « le pieux, c’est le juste », comme l’écrivait Emmanuel Levinas, alors la réflexion sur cette étrange alliance entre le sacré et la violence ne peut que relever du scandale.

Comment en est-on arrivé à ce que le mot « religieux » soit si souvent frappé au coin de la suspicion, à ce que son seul prononcé fasse inévitablement surgir des termes comme terrorisme, persécutions, conflits, fondamentalisme, martyrs des femmes, et, plus près de nous, risque de rupture du pacte républicain, séparation, division…

Si l’on s’en tient à l’hexagone, comment expliquer ce divorce entre la sagesse religieuse et le consensus démocratique ?

À qui la faute ?

Faut-il s’en prendre au fondamentalisme d’une minorité qui aurait jeté l’opprobre sur l’ensemble de ceux qui se réclament d’une appartenance religieuse, faisant de ces derniers les victimes collatérales  de défenseurs, parfois trop zélés, du pacte laïc et républicain ?

Faut-il s’en prendre aux religieux eux-mêmes qui, fascinés par les retrouvailles avec leur tradition ou paralysés par la peur de perdre leur identité, ont parfois succombé au repli sur soi et se sont détournés du « souci du monde » ?

Faut-il s’en prendre de manière plus sombre et désespérée, avec le philosophe Jean-Claude Milner, à un processus en cours dans l’ « Europe démocratique » qui chercherait, au nom de l’égalité, à abolir les distinctions fondamentales – entre les sexes, entre les générations – dont les monothéismes en général et le judaïsme en particulier sont les garants, processus irrépressible qui rendrait le message biblique désormais inaudible ?

Existe-t-il un antidote qui nous permettrait de sortir de cette inquiétante conjonction ?

Ce sont les questions que je prévois d’adresser au grand Rabbin de France Gilles Bernheim et au philosophe Bernard-Henri Lévy, un homme de foi et un penseur laïc, qui partagent la conviction, héritée de Levinas, qu’il  faut traduire la sagesse biblique en « grec », seule manière de faire saisir à leurs contemporains, juifs et non juifs, la pertinence du message d’Israël.

Gilles Bernheim a publié récemment, un livre d’entretiens avec des intellectuels  N’oublions pas de penser la France (Stock) et est l’auteur d’un document remarqué intitulé « mariage homosexuel, homoparentalité et adoption : ce que l’on oublie souvent de dire » auquel s’est notamment référé le cardinal André XXIII.

Bernard-Henri Lévy a consacré une partie importante de ses travaux à l’analyse du totalitarisme et du fondamentalisme religieux. Inspiré par les sources de la pensée juive, souvent citées dans ses ouvrages, notamment dans le Testament de Dieu (Grasset) où il soulignait « l’urgence d’en appeler au testament monothéiste » et, plus récemment, Pièces d’identité dans lequel un long passage est consacré au « génie du judaïsme ».


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