Bernard-Henri Lévy était l'invité du "Club de la presse" sur Europe 1, le 6 février 2015

pragues 6

Les grandes voix d’Europe 1 ont débattu de l’actualité du jour avec Bernard-Henri Lévy. Il était face à Michèle Cotta, Arlette Chabot et Serge July dans « Le Club de la Presse ». Voici le résumé de cet échange.

Ce 6 février, le couple franco-allemand était de retour, main dans la main, en mission auprès de Poutine, venant porter le même message et c’est l’image impressionnante qui a été retenue par Bernard-Henri Lévy. Impressionnant aussi selon lui, l’annonce surprise de cette initiative diplomatique par François Hollande lors de sa conférence de presse. Quand les chef d’Etat ou de gouvernement décident de ne pas céder à la fatalité ou pire, à la brutalité d’un adversaire, c’est toujours un bonne nouvelle. L’initiative d’Hollande et Merkel est inédite sur le plan diplomatique, même si les deux sont des partenaires économiques, et marque peut-être la naissance d’une diplomatie européenne s’ils obtiennent de Poutine qu’il soit aussi raisonnable que Porochenko, et surtout une formidable nouvelle pour l’Ukraine, le peuple russe et pour l’Europe. L’une des questions est de savoir à qui est-ce que la guerre coûte le plus cher, lequel de l’Ukraine ou de la Russie, trouvera cette situation insoutenable avant l’autre et Bernard-Henri Lévy n’est pas sur que cela soit l’Ukraine :

« Il n’est pas certain que Poutine puisse supporter longtemps le prix de la guerre, l’effet des sanctions et le désaveu international. On nous parle souvent de fierté russe mais je ne suis pas sur que les Russes soient si fiers que cela de ce que fait leur chef Poutine. »

Sur la question de l’OTAN, un des « facteurs épineux » du dossier, bien qu’Hollande et Merkel ne soient pas favorables à l’adhésion de l’Ukraine, elle n’est qu’un prétexte pour Bernard-Henri Lévy : « même si Poutine avait l’assurance que l’Ukraine n’entrerait pas dans l’Otan dans un délai raisonnable, il organiserait quand même la déstabilisation de ce pays. La vrai motivation de Poutine, c’est une phrase prononcée au début de ce mandat : la plus grand catastrophe de ce 20eme siècle est le démantèlement de l’Union soviétique. C’est ce qu’il faut avoir en tête. Il fera tout pour reconstituer quelque chose qui puisse y ressembler. Il fera tout pour se venger de ceux qu’il tient pour les responsables de ce démantèlement. L’objectif de Poutine est de vassaliser l’Ukraine, son objectif est de reconstituer un grand ensemble culturel, diplomatique et politique eurasiatique dont il rêve avec les idéologues, dont des néo-fascistes, du Kremlin. »

Pour Bernard-Henri Lévy, François Hollande a été clair et carré en signifiant que l’option diplomatique ne sera pas éternelle. Cela veut dire qu’il y aura un après. Et cet après, c’est la position des Etats-Unis, en tous cas de Joe Biden, qui consiste a livrer des armes létales aux ukrainiens. François Hollande et Angela Merkel viennent dire à Vladimir Poutine :

1) qu’il fallait arrêter de nier la présence des troupes russes en Ukraine

2) qu’il s’agit de l’initiative de la dernière chance diplomatiquement et que nous allions entrer dans une zone extrêmement dangereuse si cette dernière n’est pas saisie par Poutine

3) et proposer quelque chose qui ressemble aux accords de Minsk.

« Hollande, on peut dire ce que l’on veut, a été formidable de bout en bout. Il a reçu Porochenko avant qu’il ne soit élu. Il l’a reçu sur les plages de Normandie ou il l’a imposé à Poutine. Je crois qu’il a des rapports d’ »alliés » avec Porochenko. Et je ne crois pas qu’il soit l’homme à demander à Porochenko ce qu’on a demander à Sakaachvili en 2008… ».

A propos de la conférence de presse du président, Bernard-Henri Lévy souligne qu’au fil des mois, François Hollande occupe pleinement ce costume présidentiel : « lors de la conférence de presse d’hier sur la plupart des grands sujets régaliens, c’était un vrai et grand Président qui s’exprimait. »

Il semble que c’est avec l’histoire ukrainienne que le Président Hollande a pris le leadership occidental sur les grands sujets de politique internationale: Syrie, Ukraine, Libye… En politique internationale, la synthèse a du bon.
Mais ill a aussi un plan pour la france et un plan européen : « sur la Grèce, je trouve également qu’il a la position la plus mesurée ».

Montée de l’islamophobie après les attentats ?

« Je n’utilise pas le mot « islamophobie » car je trouve que l’on a le droit de ne pas aimer les religions. S’il y a une montée de l’islamophobie, ce sont tout de même des juifs que l’on a tués à l’Hyper Cacher. Il y a une différence entre une montée de l’intolérance qui aboutit à tuer des gens parce qu’ils font leurs courses la veille de shabbat, parce qu’ils sont ce qu’ils sont, en l’ occurrence des Juifs.. (…) et un sentiment anti-musulman, que je trouve horrible et que je combats depuis 40 ans. Mais on ne peut pas comparer les deux choses. »


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