BHL, Tony Blair et Amos Oz défilent à la Conférence du Président (Guysen News International – 22/06/2011)

facing tomorrow logoDès le début, Tony Blair l’affirme : c’est pour lui un « bonheur d’être à Jérusalem pour la 66e fois » de sa vie, surtout, ajoute-t-il « en compagnie de l’homme qui fut pour moi une source d’inspiration intellectuelle et politique : monsieur le président de l’Etat d’Israël Shimon Pérès ».
Celui qui est aujourd’hui représentant du Quartet international pour la paix au Proche-Orient a passé en revue l’actualité en appelant notamment le monde à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Revenant sur les révolutions dans le monde arabe, Tony Blair a affirmé que « le futur appartiendra à ceux qui ont réalisé que la liberté n’est pas un simple changement constitutionnel mais un changement d’état d’esprit qui poussera les gens différents à se respecter les uns et les autres pour bâtir un meilleur monde ». L’ancien chef de gouvernement a enfin terminé son propos a qualifié Israël de « modèle pour la région » du fait de ses prouesses technologiques et scientifiques.

Le philosophe français Bernard-Henri Lévy est le suivant à prendre la parole. Lui aussi commence par un homme appuyé au chef de l’Etat juif : «  Shimon Peres est l’homme politique que je respecte et admire le plus au monde », assure-t-il. Lui, qui a encouragé Nicolas Sarkozy à s’engager en Lybie, a choisi d’axer son propos sur les révolutions dans le monde. D’après lui « Israël n’a pas à craindre des révolutions arabes ». Au contraire dit-il : « Certains pensaient qu’un accord de paix avec un pays arabe mené par un dictature était plus fiable. Mais il n’y a jamais de tyrannie stable. La démocratie est la meilleure garantie pour la paix ».
« Les Libyens se sont réveillés du sale rêve dans lequel on les berçait en leur disant qu’Israël était leur plus grand ennemi et ils découvrent qu’ils en ont un autre, un sérieux et réel ennemi : Kadhafi et son régime », a-t-il dit à la fin de son intervention.

Le célèbre écrivain et Amos Oz a eu le privilège de clôturer ces allocutions.  facing tomorrow
« Shimon, je souhaite que l’an prochain la Conférence s’ouvre par la célébration d’un traité de paix israélo-palestinien », a-t-il lancé au président de l’Etat au tout début de son discours.
Tout au long de son intervention, la figure du camp de la paix israélien a exposé ses positions très à gauche : « Je pense que l’occupation est immorale et contraire aux intérêts d’Israël. Continuer des construire dans les implantations est également immoral et contraire aux intérêts d’Israël.  Mais laissez moi dire une chose : j’aime Israël même lorsque je ne l’aime pas », a-t-il dit.
« Les Juifs n’ont certes aucune autre terre, mais n’oubliez pas que les Palestiniens n’ont nulle part ailleurs où aller non plus », a-t-il lancé sous les applaudissements d’une majorité du public tandis qu’une poignée de spectateurs le huaient.
« Le slogan des pacifistes est ‘faites l’amour pas la guerre’, mais vis-à-vis des Palestiniens mon slogan serait plutôt ‘faites la paix, pas l’amour’ », a-t-il poursuivit.
Amos Oz en est convaincu, « la paix demandera des sacrifices de la part d’Israël qui feront souffrir comme jamais. Il faudra renoncer à un rêve ancestral et partager la terre ».  Mais il se veut optimiste car, selon lui, contrairement aux précédentes décennies « chacune des parties sait que sont voisin est réel et qu’il ne partira pas ».
« Le drame du conflit israélo-palestinien est que les deux parties sont des réfugiés. Israël est un camp de réfugiés. La Palestine est un camp de réfugiés. Tous deux sont des victimes de l’Europe », a-t-il déploré.
« Je ne veux pas faire de prophétie, il y a trop de prophètes à Jérusalem. Mais vous verrez qu’il y a aura d’ici quelques années un Etat palestinien. Il y aura une ambassade israélienne et une ambassade palestinienne. Et les deux seront distants l’une de l’autre d’à peine quelques mètre car l’une sera à Jérusalem Ouest et l’autre à Jérusalem Est », a-t-il dit en guise de conclusion alors que la plupart des personnes présentes se levaient pour l’applaudir et que d’autres continuaient de le huer pour protester contre cette vision de la paix.

Julien Bahloul pour Guysen News International


Tags : , , , , , , , , , , ,

Classés dans :