Burundi : la chasse aux journalistes (La Règle du Jeu, le 21 mai 2015)

Télé Renaissance – la voix de la citoyenneté – a été récemment attaquée et brûlée à Bujumbura par les partisans de Nkurunziza.

Télé Renaissance – la voix de la citoyenneté – a été récemment attaquée et brûlée à Bujumbura par les partisans de Nkurunziza.

Innocent Muhozi, directeur de “Radio Télévision Renaissance – voix de la citoyenneté” vient de recevoir une convocation pour se présenter devant l’Officier du ministère public près la Cour Suprême demain 22 mai à 9 heures. Aucune autre information ne figure sur la convocation qui dit simplement que c’est dans le cadre du dossier “RMPG 697 /MA”.

Pour rappel : Innocent Muhozi est l’une des personnalités les plus respectées du paysage médiatique burundais. Il dirige Radio Télévision Renaissance lancée officiellement en 2008 avec deux autres amis, David Gakunzi et Bernard-Henri Lévy, autour d’une claire volonté de créer un média à l’opposé de la tristement célèbre Radio télévision des Mille collines au Rwanda.

Radio Télévision Renaissance – très respectée au Burundi pour son professionnalisme– a été attaquée et brûlée le 14 mai dernier par les forces du Président Nkurunziza (voir la photo de cet article).

Le pouvoir en place à Bujumbura semble décidé à faire taire toutes les voix discordantes. Tous les médias indépendants ont été détruits et brûlés et seule la Radio Télévision Nationale – sous contrôle du pouvoir – est aujourd’hui autorisée à émettre. Les correspondants des médias internationaux font actuellement l’objet de multiples pressions y compris physiques.

Ces menaces et agressions des journalistes et des médias indépendants sont intolérables et ne sauraient rester sans réponse.

Une mobilisation internationale s’impose donc aujourd’hui pour défendre le droit universel d’informer ainsi que les journalistes menacés, parfois de mort, à Bujumbura.


Classés dans :