Ce soir, B.H.L au grand théâtre de Genève

BHL © Alexis DuclosCe soir, au Grand Théâtre de Genève, aura lieu le premier volet d’un procès très particulier : celui de Wagner, ou plutôt la question de l’antisémitisme de Wagner. Pour « jouer » le procès d’un homme qui fut à la fois un compositeur hors pair et un antisémite notoire, deux orateurs viendront à la barre. Bernard-Henri Lévy et Maître Marc Bonnant. Alain Carré sera aussi présent.

La Liberté, le Matin dimanche et Scènes magazine annonçaient cette semaine, cet événement genevois.
Voici.

Laurence Roblin


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Que faire de Richard Wagner l’antisémite ? (Le Matin Dimanche, article de Jean-Jacques Roth, le 27 octobre 2013)

PROCÈS L’avocat genevois et le philosophe français organisent quatre débats autour de l’antisémitisme de Richard Wagner.
L’un à l’accusation, l’autre à la défense, mais surtout acharnés à comprendre.Capture.JPG14

Fêté à Genève en ce mois de novembre, Wagner était rageusement antisémite – ses écrits en attestent – et le créateur d’une œuvre que le nazisme a fait sienne. Peut-on, dès lors, dissocier l’œuvre assurément géniale de l’homme, de sa pensée et de ce qu’en a fait la postérité ? Le chef israélo- argentin Daniel Barenboim, grand spécialiste de Wagner qu’il a dirigé en Israël au prix de controverses terribles, a ainsi résumé cette équation : Wagner avait «une personnalité répugnante» qu’il est «très difficile de faire coïncider avec la musique qu’il a écrite, qui crée si souvent des sentiments totalement opposés».
Le philosophe français Bernard-Henri Lévy, l’avocat genevois Marc Bonnant et le comédien Alain Carré (dans le rôle du compositeur) proposent quatre soirées pour débattre du «cas Wagner»: le polémiste (8 novembre 2013), l’homme (31 janvier 2014), l’artiste (30 avril) et la péroraison conclusive (12 mai).

« Il faut résister à la tentation de la censure »

BERNARD-HENRI LÉVY « Il n’y a pas l’ombre d’un débat à propos de l’antisémitisme de Wagner : il était d’un antisé­mitisme enragé. Le débat commence après. Quelle est la forme de cet antisémitisme  ?

Sa genèse ? Quel rapport en­tretient-il avec son génie ? C’est comme pour Heidegger et Céline, vous avez trois «options». La première : l’antisémitisme et l’œuvre sont hétérogènes. La seconde : il y a un lien, mais l’oeuvre aurait été plus grande encore sans l’antisémitisme. Et la troisième, la plus terrible, mais qu’on est obligés d’envi­sager : est-ce que l’antisémi­tisme ne serait pas, aussi, l’un des carburants de l’œuvre ?

« Ma conviction, c’est que l’homme et sa pensée sont indissociables de l’œuvre, qu’on ne peut pas découper Wagner, qu’on ne peut pas dire «il y a le bon Wagner d’un côté – et, de l’autre, le Wagner infréquentable ». Autrement dit, tout admirateur de cette œuvre est confronté à la tâche difficile, presque impossible, de penser les deux choses à la fois. C’est la même chose pour Heidegger qui était intrinsè­quement nazi et qui est, en même temps, l’un des philo­sophes les plus importants de la modernité.

« Je suis admirateur des opé­ras de Wagner, oui. Mais j’ai un rapport compliqué à la musique, je n’en écoute plus guère. J’ai été pianiste jadis, j’ai beaucoup joué, j’ai donc une familiarité ancienne avec cette œuvre et je sais ce que signifie la difficulté de vivre charnellement la contradic­tion entre l’infamie de l’homme et de sa pensée, d’une part, et la grandeur de l’œuvre d’autre part. Car l’importance de la création de Wagner est indiscutable.

« L’homme et sa pensée sont indissociables de l’œuvre »

J’irais même plus loin : la civi­lisation européenne ne serait pas ce qu’elle est sans Wagner – elle serait privée d’une part de sa grandeur.

« Faut-il incriminer Wagner de l’adulation que lui portaient les nazis, et de l’utilisa­tion politique dont il a été l’objet ? Je ne le pense pas. Un créateur n’est pas comptable de ce que font de lui ceux qui viennent après lui. Pas de responsabilité morale. Et halte aux nains, trop heureux de se débarrasser d’une œuvre géniale en excipant du fait qu’elle a pu, aussi, donner des ailes à des salopards. La pos­térité d’une œuvre, la manière dont elle a été instrumentalisée ne peuvent l’invalider. Elles ne doivent, à aucun prix, faire que l’on censure en soi le désir de l’entendre, et le plai­sir. Il faut savoir que cela a existé. Il faut y réfléchir. Mais il faut résister, en soi, à la tentation de la censure.

« Je comprends que l’exécu­tion en concert de Wagner reste prohibée en Israël, mais je ne suis pas sûr d’approuver cela. Encore une fois, son antisémitisme est une tache indélébile sur sa mémoire. Encore une fois, cet antisémi­tisme n’a pas de circonstances atténuantes du genre «tout le monde était antisémite à l’époque ; l’antisémitisme était un heu commun de la pensée allemande». J’irai même plus loin : pour un homme du calibre de Wagner, ou d’Heidegger, ou de Céline, il y a, si j’ose dire, encore moins de circonstances atténuantes que pour un crétin ordinaire – génie oblige… Mais, en même temps, le peuple israélien est assez grand, la démocratie israélienne est assez solide, la mémoire du peuple juif est assez bien construite pour que puisse être supportée l’épreuve d’une représentation de Wagner. Je suis, là-dessus, plutôt sur la position de Daniel Barenboim. »

« Les raisons de l’antisémitisme de Wagner sont étranges »

MARC BONNANT« La question est de savoir si Richard Wagner était un salaud au sens sartrien. Et de savoir si un salaud reste un auteur, un compositeur, dont on peut lire, écouter les œuvres sans référence à celui qui les a produites. La question dépasse Wagner, c’est celle qui est posée à propos de Céline ou de Heidegger, ou pourquoi pas à Aragon en raison de son engagement communiste.

le matin dimanche« Chez Wagner, cette question s’en double d’une autre, liée à l’utilisation que le national-socialisme a fait de sa musique : dans quelle mesure un artiste répond-il de ses successeurs ? En d’autres termes, est-il comptable de l’avenir ? Je suis maître de ma parole, mais suis-je maître de celle que je fais naître ? Voici les interrogations.

« L’antisémitisme de Wagner ne fait pas débat. Il a écrit des propos d’un antisémitisme total, bien qu’il faille signaler qu’il a refusé de signer des pétitions antisémites en 1870. Par prudence, pour ne pas s’aliéner des mécènes, ou par conviction ? Par cynisme ou par hauteur ? On peut en discuter. Ce qui reste certain, en revanche, c’est ce que le nie Reich a fait de son œuvre. » Les raisons de l’antisémitisme de Wagner sont étranges. On ne sait s’il s’agit d’un signe de mépris ou d’estime masquée. D’autres que lui, hauts esprits de son temps, assimilent le Juif à la finance internationale, à la théorie du complot. Le Juif devient le capitaliste, et c’est parce qu’il est le capitaliste qu’il doit être détruit. Cette aversion coïncide bien sûr avec la consolidation du fort sentiment , national allemand, mais il essaime partout en Europe.

« On trouve chez Wagner une haine de soi mêlée à un orgueil de soi, une incroyable arrogance»

La notion d’un peuple juif inassimilable rend compte à la fois de la crainte qu’il suscite et de l’hommage ainsi rendu à sa singularité.

« On a également tressé de longues thèses psychanalytiques sur le fait que Richard Wagner ne serait pas le fils de Friedrich Wagner, mais de Ludwig Geyer, qui était juif et qui deviendra son beau-père. On lirait alors dans l’antisémitisme de Wagner le rejet inconscient d’une filiation infamante et l’expression d’une identité déchirée. Je suis peu enclin à retenir cette explication. On trouve chez Wagner une haine de soi mêlée à un orgueil de soi, une incroyable arrogance. Ce sont les traits mêmes que, souvent, l’antisémite prête aux Juifs. H est d’ailleurs très intéressant de se demander en quoi des personnages de ses œuvres, dans leur laideur gnomique, ne projettent pas quelque chose de cette représentation de soi altérée. Je pense à Mime ou Alberich, dans «Le Ring du Nibelung», voleurs d’or aux cupidités odieuses.
« L’antisémite fait le Juif, disait Jean-Paul Sartre. On peut soutenir que c’est l’antiantisémite qui fait surgir l’antisémite. Pour voir, comme certains l’ont fait, dans le personnage d’Alberich, ce nain distordu aimant l’art par-dessus tout, la représentation du Juif, encore faut-il que l’on ait intériorisé un stéréotype, que l’on ait fait siens les archétypes prétendument dénoncés par l’autre. L’antiraciste, en un mot, a souvent le regard du raciste. C ‘est le ressort de sa dénonciation.»

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BHL accusateur au procès Wagner (La Liberté, entretien de Thierry Raboud, le 2 novembre 2013)

LA LIBERTE 1Spectacle. Le compositeur allemand fut un génie musical et un antisémite notoire. A Genève, où se jouera son procès fictif, l’intellectuel Bernard-Henri Lévy sera l’avocat de l’accusation.

Pour jouer le procès d’un homme qui fut à la fois un compositeur hors pair et un antisémite notoire, deux orateurs viendront à la barre, de ceux que l’on adule ou déteste. D’un côté, l’éloquence extraordinaire de Me Marc Bonnant, défenseur de la langue française devant l’éternel. Face à lui, la faconde de Bernard-Henri Lévy, intellectuel aussi brillant que contesté, figure du paysage médiatique français. En fil rouge, la question de l’antisémitisme de Wagner (lire ci-contre). En attente du premier volet de ce procès fictif, qui aura lieu vendredi, BHL fourbit ses armes et expose ses arguments.

Vous allez, au gré du hasard, défendre ou combattre Wagner lors d’un «procès» fictif. Quelle est votre vision personnelle de cet homme et de son héritage ?
Bernard-Henri Lévy : Non, non, pas au gré du hasard du tout. Le sujet est trop grave pour que je le laisse « au gré du hasard ». Dans la « mise en scène » que nous avons prévue, avec Marc Bonnant et Alain Carré, je serai, bien évidemment, du côté de l’accusation. C’est-à-dire, pour moi, de la vérité. Car ma vision «personnelle », pour reprendre votre mot, c’est que Wagner n’est pas seulement antisémite – c’est l’un des inventeurs de l’antisémitisme moderne.

A la question «Wagner était-il antisémite ?», la réponse par l’affirmative s’impose, selon vous, d’elle-même. Comment peut-on faire la défense d’un tel personnage ?
D’abord ce «personnage», comme vous dites encore, est aussi un des plus grands artistes de tous les temps. L’équivalent, qu’on le veuille ou non, de Dante, Goethe, Proust ou Shakespeare.LA LIBERTE 2

Cela donne-t-il tous les droits ?
Ça, c’est autre chose. Le «spectacle» que nous allons offrir au Grand Théâtre de Genève c’est un acteur (Carré), un intellectuel (moi), mais c’est aussi un avocat, un vrai avocat, l’un des avocats de langue française les plus éloquents et les plus doués (Bonnant). Or c’est quoi l’éthique d’un avocat ? C’est que personne n’a «tous les droits». Mais que tout le monde a, en revanche, le droit à une défense. Si, autrement dit, Marc Bonnant prend le parti de la défense, cela ne voudra pas dire qu’il «doute» de l’antisémitisme de Wagner ou que, dans son for intérieur, il pense différemment de moi. Cela voudra juste dire que l’avocat qu’il est aussi et que, sur cette scène-là, il sera d’abord pense qu’il n’y a, pour un avocat, pas de cause indéfendable.

Le génie du musicien excuse-t-il les déviances idéologiques du théoricien ?
Non. D’autant qu’il ne s’agit pas de simples «déviances». Wagner est un musicien génial. Mais c’était aussi une sorte d’intellectuel, jugé tel par ses contemporains.
Et, au coeur de la vision du monde de cet intellectuel, je dis bien «en son coeur», il y avait l’antisémitisme. C’est ainsi que le voyait son époque. C’est le rôle, l’autre rôle, qu’il y occupe. Et c’est ce que disent les textes, de tous ordres, que nous allons, aussi, donner à entendre.

LA LIBERTE 3Comment apprécier le compositeur sans penser à l’homme qui signe l’ignoble pamphlet La Juiverie dans la musique ?
C’est, en effet, difficile. Et c’est la raison pour laquelle, en ce qui me concerne, je n’ai jamais été «wagnérolâtre». Je sais que c’est un géant dans l’ordre de son art. Je suis bien conscient – comment ne le serais-je pas ? – qu’il a, par sa musique, changé nos sensibilités, notre rapport aux choses, donc changé le monde. Mais je ne suis, par exemple, jamais allé à Bayreuth. Jamais. Je n’y peux rien. Je sais que j’ai tort. Mais c’est comme ça.

L’antisémitisme a imprégné toute l’Allemagne de la seconde moitié du XIXe siècle. Cela suffit-il à expliquer les positions de Wagner ?
Non. Car c’est, encore une fois, dans le sens inverse que ça marche. Il a, lui, Wagner, imprégné cet aspect de la pensée allemande de son époque et de la nôtre. Maître à penser secret. Artiste immense, mais aussi maître à penser, ou à dépenser notre pensée, secret. Vertigineux, vous dis-je. A chacun de se débrouiller, pour soi-même, avec ce vertige. C’est aussi de cela, de ce malaise intime au coeur de chacun, qu’il sera question, ce 8 novembre, sur la scène.

Le compositeur face à ses idées sulfureuses

En cette année du bicentenaire de sa naissance, Wagner est partout célébré. Pourtant, derrière l’immense artiste se cache l’intellectuel aux théories profondément antisémites. Tel Janus, Wagner possède ce double visage, fait d’ombre et de lumière. Apprécier la grandeur de l’oeuvre musicale, est-ce tolérer le racisme abject de sa pensée profonde ? Pour répondre à cette question, le Grand Théâtre de Genève place Wagner sur le banc des accusés. Joué par Alain Carré, le compositeur sera au coeur d’un procès fictif, dont la première des quatre séances aura lieu vendredi. Les flamboyants rhéteurs Marc Bonnant et Bernard-Henri Lévy viendront à la barre croiser le verbe en faveur ou en défaveur du maître de Bayreuth.

> 8 novembre,19 h 30, Grand Théâtre de Genève.
> www.geneveopera.ch/production_104

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Débat au grand théâtre de Genève : Rions avec Wagner (Scènes Magazine, article de Pierre-René Serna, novembre 2013)

BHL-alain carré-marc bonnant.jpg1Le Grand Théâtre a concocté un petit spectacle iconoclaste, avec Wagner pour victime, Le célèbre auteur et compositeur ne prête pas vraiment à rire, et lui-même était singulièrement dépourvu d’humour. Raison de plus pour- s’en divertir !

Le spectacle s’intitule Le Cas Wagner. Cela rappelle quelque chose… Mais oui ! le fameux pamphlet de Nietzsche*. En l’espèce il va confronter Marc Bonnant, gloire suisse du barreau, à l’écrivain et philosophe de renommée internationale Bernard-Henri Lévy, avec le comédien Alain Carré comme illustrateur (et médiateur ?). Les débats risquent bien d’être animés. Le maître de Bayreuth suscite toutes les passions, et tous les fanatismes, comme on sait. Son antisémitisme ne saurait être contesté, qui tourne à la manie : allant même jusqu’à reprocher aux Juifs de manger de la viande ! Et Hitler lui-même n’hésitera pas à dire : “ II n’y a qu’un précurseur au national-socialisme : Richard Wagner ”, Sic ! La cause est donc entendue, et difficile à défendre.
Nous souhaitons bien du courage à son avocat.

Ce qui explique que certains préfèrent se réfugier dans sa musique. Comme si elle-même était exempte de ces connotations sulfureuses…scènes magazine novembre 2013
Loin s’en faut ! Comme d’aucuns aussi préfèrent ne retenir chez Céline que l’écrivain. Mais il y a une différence – de taille ! -, c’est que ce dernier ne fait que suivre une idéologie, quand l’autre l’instaure. On peut toutefois s’interroger sur le personnage : littéralement obsédé par les Juifs, alors que son entourage en regorge – et parmi les plus fervents, comme le chef d’orchestre Hermann Levi, à qui Wagner demanda de changer de religion ! Il est instructif à cet égard de visionner l’émission de télévision, naguère programmée sur Arte (et que l’on peut retrouver sur internet), “ Wagner et les Juifs ”, Comme il est tout aussi instructif de jeter un œil aux maquettes des personnages pour la première du Ring en 1876, en présence de Wagner et sous son contrôle, visibles au musée de Bayreuth (et prêtées actuellement au Musée Berlioz de la Côte-Saint-André) : Albérich et Mime grimés comme des Juifs de caricature, face à un Siegfried au visage d’Apollon ! On ne peut plus parlant ! Et alors même que l’ascendance du compositeur sur ce plan n’est pas des plus claires. Ceci explique certainement cela…

Parlons donc de musique. Pour rester peut-être plus serein… Mais ici aussi, hélas !, le débat fait rage. Entre les laudateurs inconditionnels : Richard Strauss, Pierre Boulez, Vincent d’Indy (ce qui dans ce cas s’explique aussi idéologiquement), et même Mahler et Schoenberg… et des contempteurs qui le sont tout autant : Stravinsky, Ravel, Darius Milhaud, le compositeur actuel Philippe Hersant… Quand certains y voient le père de la modernité en musique, alors qu’il n’y a rien de plus démodable (pour paraphraser Nietzsche ou Rilke), d’autres récusent une lourdeur, une boursouflure, un effet totalisant, sinon totalitaire… Chacun son approche. Et le débat risque bien de ne pas être clos. Ni le procès.

Il n’empêche que le Grand Théâtre programme cette saison – et il a bien raison ! – une Tétralogie complète. Car s’il est une chose que l’on ne peut pas dénier à Wagner, c’est d’être au-delà d’un simple petit maître. Sa postérité, et les controverses qu’elle suscite toujours, le prouveraient. Mais rien n’interdit de prendre, tout comme Nietzsche, un recul ironique et amusé.

Pierre-René Serna

Les thèmes spécifiques abordés seront les suivants :
L’Artiste – 8 novembre 2013 à 19h30
L’Homme – 31 janvier 2014 à 19h30
Le Polémiste – 30 avril 2014 à 19h30
Le Best Of-12 mai 2014 à 19h30
Billets : 022/322.50.50 du lundi au samedi de 10h à 18h, billetterie(ffgeneveopera.ch * L’auteur de ces ligues a choisi pour sa part d’intituler son propre pamphlet : l’Anti-Wagner sans peine (Presses universitaires de France)


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