Charles Baudelaire

baudelaireOn connaît le roman de Bernard-Henri Lévy, « Les derniers jours de Charles Baudelaire« . Ce que peu de commentateurs ont noté, au moment de sa parution et, à plus forte raison, depuis, c’est à quel point le « sujet » principal de ce livre était moins la vie de Baudelaire, ou même sa poésie, que sa vision du monde, sa pensée – Bernard-Henri Lévy n’a pas craint, à plusieurs reprises, de dire sa « métaphysique ». Les articles de cette métaphysique ? La croyance au « péché originel » qui entre en résonance avec la théorie lévyste du Mal. La phobie baudelairienne de la Nature telle qu’elle s’exprime, par exemple, dans son éloge du maquillage et dont on sait l’usage qu’a fait Lévy dans « L’Idéologie française » et ailleurs. La critique de l’optimisme historique et des idéologies du Progrès dont je n’ai besoin de dire, Marx remplaçant Hugo, l’usage qu’il a également fait. Le procès de la volonté de guérir. L’horreur que lui inspirait la Révolution française et ses « machines à terreur » (Laurent Dispot). Sa conception de la littérature – froide, sans affects. Le dandysme. La génophobie. Cette idée qui va de lui, Baudelaire, à Sartre en passant par Freud que l’enfant est un « pervers polymorphe ».

(Baudelaire disait exactement: plus proche du Péché originel, donc foncièrement mauvais) – idée que reprendra Lévy quand il instruira le procès (philosophique, politique) du culte de l’Enfance. Pour toutes ces raisons, oui, je classe Baudelaire parmi les maitres de Bernard-Henri Lévy.

Liliane Lazar.


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