De Sarkozy à Aubry, union sacrée pour sauver Sakineh.

SARKO 23AUBRY 23Même ici, à New-York, c’est le sujet dont tout le monde parle. La campagne lancée par Bernard-Henri Lévy pour sauver Sakineh Mohammadi Ashtiani. Les milliers et les milliers de signatures recueillis par la revue en ligne qu’il dirige, La Règle du Jeu et par le quotidien Libération. Les très grands noms (comme Peter Brook, Jeanne Moreau, Isabelle Huppert, tant d’autres) qui ont également rejoint les 17 premiers signataires. Et puis, là, ce mardi matin, deux soutiens de poids qui risquent de donner à la campagne un élan nouveau. La chef de l’opposition parlementaire, Martine Aubry, qui, dans une lettre adressée à La Règle du Jeu et à son directeur dit sa détermination. Et le Président de la République en personne, Nicolas Sarkozy, dont Bernard-Henri Lévy nous apprend, dans un entretien avec Natacha Polony du Figaro, qu’il fait du sort de Sakineh une priorité personnelle et politique. Je mets donc en ligne la lettre de Martine Aubry et l’entretien de Bernard-Henri Lévy avec Natacha Polony. Il faut sauver Sakineh! Un dernier mot. De nombreux internautes fidèles du site me demandent comment signer la pétition pour Sakineh. Réponse: ici, sur le site de La Règle du Jeu . Et ne vous étonnez pas si votre nom met un peu de temps à être traité et à apparaître: la rédaction et Patrick Fabre, le webmaster de la revue, sont submergés par l’afflux des signatures.
Liliane Lazar

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Martine Aubry rejoint les milliers de signataires qui ont signé pour Sakineh

Tout doit être fait, tout doit être tenté, tout doit être dit pour sauver Sakineh Mohammadi Ashtiani et pour dénoncer la condamnation barbare dont elle est l’objet. Face au sort que les autorités iraniennes veulent lui réserver, devant l’acharnement dont elle est l’objet, chacune et chacun d’entre nous a le devoir d’exprimer sa révolte et son exigence de justice et d’humanité. Nous lui devons cette mobilisation, et à travers elle, à l’ensemble des femmes iraniennes victimes de ce régime. C’est pourquoi je m’associe sans réserve à cet appel.
Martine Aubry

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Bernard-Henri Lévy obtient le soutien de Sarkozy pour sauver l’iranienne Sakineh. (Le Figaro du 16 Août 2010, entretien avec Natacha Polony)

Qu’est-ce qui rend cette mobilisation nécessaire et urgente?
Bernard-Henri LÉVY.– La mise en scène terrible à laquelle nous avons eu droit la semaine dernière: une Sakineh presque entièrement voilée, ayant probablement été torturée et venant confesser, à la télévision iranienne, des crimes imaginaires. Le moins que l’on puisse dire est que ce genre de mascarade n’est jamais bon signe. C’était comme si l’on essayait d’alourdir encore le dossier de cette femme et de justifier par avance l’injustifiable. Nous nous disions: «ils ne peuvent pas; ils n’oseront pas». Eh bien si, bien sûr, ils peuvent oser. Et nous avons même des informations, à travers les réseaux d’amis iraniens liés à La Règle du jeu, selon lesquelles l’exécution pourrait être imminente.

Pourquoi cet acharnement. De quoi cette femme est-elle le symbole?
Bhl.– Il suffit de lire ce que disent et écrivent les mollahs qui règnent à Téhéran. Les femmes sont à la pointe de la mobilisation contre la dictature. Et elles sont, à ce titre, en première ligne de la persécution et de la violence. C’est comme ça. C’est, hélas, presque logique. Et c’est, d’ailleurs, partout la règle quand le fascislamisme prend le pouvoir. Suivez les femmes… Le sort des femmes, leur humiliation ou leur dignité sont un infaillible baromètre… Toujours.

Qu’est-ce qui explique, selon vous, que l’Iran ait abandonné ses promesses de mettre fin à ce type de châtiment?
Bhl.– L’Iran ne tient aucune de ses promesses. Aucun de ses engagements. Même le vote de ses citoyens leur a été, comme vous savez, honteusement volé en juin dernier. Alors, un parjure de plus ou de moins… Ni le président non élu Ahmadinejad ni le prétendu arbitre Khamenei n’en sont à une infamie près…

Quel peut-être le poids de l’opinion internationale face à ce cas qui n’est pas unique?
Bhl.– Bien sûr qu’il y a d’autres cas! Ce matin encore, à l’heure où nous parlons, une femme et un homme viennent d’être lapidés dans une région de l’Afghanistan tenue par les talibans. Pardon. Mais il faut essayer d’imaginer ce qu’il y a derrière ces mots abstraits: «viennent d’être lapidés». Il faut imaginer des corps à demi enterrés ou, au contraire, totalement exposés. Il faut imaginer une meute d’assassins vociférant, s’encourageant les uns les autres, caillassant. Il faut, si on en a la force, essayer de visualiser les pierres qui déchirent les chairs, qui fracassent les crânes, qui réduisent les visages en bouillie. Alors qu’est-ce qu’on peut faire contre cette abomination? Sauver, déjà, Sakineh. Ils en ont fait un symbole; eh bien prenons-les au mot et faisons-en, à notre tour, un symbole. Si nous y parvenons, si nous arrivons à l’arracher aux griffes de ses bourreaux, vous verrez: il y aura une sorte de «jurisprudence Sakineh», une jurisprudence morale et symbolique – et il sera, en Iran au moins, de plus en plus difficile de prononcer des verdicts de lapidation.

Les pays européens se concertent pour étudier «les moyens qui peuvent être mis en œuvre» pour la sauver. La France a demandé aux autorités iraniennes un moratoire général sur les exécutions. Pensez-vous que ces pressions auront un effet sur le gouvernement iranien?
Bhl.– J’en suis convaincu. Ahmadinejjad est un fanatique. Mais c’est un fanatique avisé. Il sait le poids des opinions publiques. Il sait qu’il est engagé dans un bras de fer avec l’Occident et que, dans ce bras de fer, dans cette guerre de positions, il ne peut négliger aucun front. Nous non plus, d’ailleurs. Et il ne faudrait évidemment pas que, s’il cède sur Sakineh, nous cédions à notre tour, et à l’inverse, sur la question, par exemple, du nucléaire. Mais nous n’en sommes pas là. Sauvons déjà Sakineh.

Par-delà l’action concertée avec ses partenaires, quel doit être le rôle de la France?
Bhl.– J’ai le sentiment qu’il est déjà important. Je vais vous faire une confidence. J’ai parlé avec Nicolas Sarkozy, dimanche soir, au téléphone, quelques heures après la mise en ligne de l’appel sur notre site laregledujeu.org. Il m’a interrogé. Écouté. Il m’a paru à la fois très informé et désireux d’en savoir encore davantage. Et, surtout, surtout, il m’a semblé sincèrement touché par le sort de cette femme simple, presque illettrée, dont je lui ai rappelé qu’elle n’a même pas compris le verdict qui la frappait lorsqu’on le lui a signifié dans le mot arabe – «rajam» – que la justice iranienne emploie, bizarrement, quand elle veut dire «lapidation». Je ne suis pas suspect, c’est le moins que l’on puisse dire, d’adhérer aux grands choix politiques du président. Je dois avouer que, là, pour le coup, il a eu le bon réflexe, les mots justes et précis et, dans le ton, une émotion qui ne trompait pas. Lorsqu’il m’a dit que Sakineh avait désormais, en sa personne, donc au sommet de nos institutions, un soutien actif et qui ne transigerait pas, j’ai pensé que c’était de bon augure.

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