"Et si Marine Le Pen n’était pas au second tour de la Présidentielle ?" par Bernard-Henri Lévy (La Règle du Jeu, le 22 mars 2015)

marineTout le monde, ou presque, annonçait un Front National à 30%. Tout le monde, ou presque, pronostiquait que le Front National serait, ce soir, le premier parti de France. Eh bien non. Il est le troisième.

Il n’y a pas eu, et il n’y aura sans doute pas, de « vague bleue marine » dans le pays. Et c’est, quoi qu’en aient dit les défaitistes professionnels, l’honneur du peuple français que d’avoir commencé de remettre l’extrême droite à sa juste place.

Que s’est-il passé pour qu’il en soit ainsi ? Et le parti de la femme au sourire entre les dents a-t-il été victime, comme il le crie partout, d’une campagne de dénigrement systématique et massive? Non.

Il n’a été victime que de lui-même. Il n’a été victime que de ses trésoriers indélicats qui sont allés mendier l’argent de M. Poutine ; de ses apparatchiks malhonnêtes qui ont mis des fonctionnaires européens, payés par le Parlement européen, au service de leur parti ; et de ses candidats racistes et antirépublicains dont on a découvert, au fil de la campagne, les turpitudes sans nombre.

L’on commence d’imaginer, ce soir, que l’autre pronostic que tous, ou presque, tenaient pour quasi certain puisse, lui aussi, dans deux ans, se voir invalidé : Madame Le Pen ne sera pas fatalement présente au second tour de l’élection présidentielle ; Madame Le Pen peut fort bien se voir éliminée, le moment venu, du rendez-vous électoral majeur qui attend notre pays ; c’est le pari que prend, ce soir, la rédaction de La Règle du Jeu – et c’est à cette tâche que, plus que jamais, les intellectuels doivent s’atteler.

http://laregledujeu.org/2015/03/22/19846/et-si-marine-le-pen-netait-pas-au-second-tour-de-la-presidentielle/


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