Le 04 mars 2002

Bernard-Henri Lévy s’adresse aux Afghans à Kaboul

Le 4 mars 2002, Bernard-Henri Lévy tient conférence à Kaboul devant le peuple Afghan. C’était la première fois, depuis presque un quart de siècle, qu’un écrivain français s’adressait à un public afghan.

C’est la toute première Conférence prononcée par un étranger dans un Kaboul dévasté par 23 années de guerres en tout genre. Ce n’est plus la conférence lambda prononcée sagement dans une université française ou américaine : c’est une conférence prononcée dans les décombres, devant un public qui sort à peine de la nuit, avec la menace des Talibans qui plane dans l’atmosphère.De cette conférence, Bernard-Henri Lévy avait, à l’époque, publié un résumé dans son Bloc-notes mais pas la version intégrale.

Bernard-Henri Lévy à Kaboul en 2002

Bernard-Henri Lévy à Kaboul en 2002

Ce texte d’archive a été fourni à Liliane Lazar par Atiq Qanani, alors jeune combattant, membre de l’Alliance du Nord, qui avait été parmi les premiers, quelques semaines plus tôt, à entrer dans Kaboul libéré et qui en a gardé une trace. L’événement se passa, lui relatait-il, à 16 heures, dans un des rares amphithéatres encore debout de l’Université, avec des sièges à demi détruits, pas d’électricité. La salle était pleine, environ 300 personnes, parmi lesquelles quelques Français, des humanitaires de toutes nationalités, mais surtout des Afghans et, en particulier, d’anciens combattants démobilisés, sans armes, mais toujours en uniforme (on est à quelques semaines des sanglants combats contre les Talibans !).

Il y avait aussi dans la salle, une délégation de Lyonnais venus étudier la faisabilité de la réouverture de l’Hopital de Kaboul. Bernard-Henri Lévy, contrairement à son habitude avait un texte écrit. Il parla debout, sur une estrade, sans garde du corps ni protection. La France n’ayant plus, à l’époque, d’Ambassadeur, il en faisait office. Avec Gilles Hertzog, le Docteur Frédéric Tissot (devenu, depuis, vraiment ambassadeur de France) et quatre membres des services spéciaux français que les trois amis voyaient sortir tous les soirs, armés jusqu’aux dents, et revenir au petit matin, fourbus, l’oeil noir, ayant accompli des missions mystérieuses, il habitait l’Ambassade de France et y retourna après la Conférence.

Il se prêta, une heure durant, et de bonne grâce, au jeu des questions et des réponses. On l’interrogea sur le Président français Chirac. On le fit parler de Massoud sur la tombe duquel il venait, l’avant-veille de se recueillir et de déposer une petite stèle. Il dit son admiration pour l’islam quand il est fidèle, comme en Afghanistan, ou en Bosnie, ou au Maroc, à sa vocation de paix. Il parla de Malraux et de Kessel. De ce qu’est un écrivain engagé.

Le texte complet de la conférence.