Bernard-Henri Lévy


Afghanistan – Bernard-Henri Lévy : « L’abandon de Kaboul me remplit de dégoût » (7 septembre 2021)

Bernard-Henri Lévy à Genève: « L’abandon de #Kaboul me remplit de dégoût »

L’essayiste français est venu à Genève commémorer l’assassinat de «son ami» le commandant #Massoud et soutenir «l’idée de l’universalisme des droits de l’homme» qui n’est pas morte en #Afghanistan.

Chemise blanche et tempes grisonnantes, l’essayiste et documentariste Bernard-Henri Lévy est venu rendre hommage à son «ami» le commandant Massoud, ce mardi à Genève. Vingt ans après l’assassinat par un commando d’Al-Qaida du «Lion du Panchir», le chef tadjik demeure cette figure d’une opposition armée aux talibans, que son fils Ahmad, défait par «les étudiants en religion» lundi, peine à incarner.

Pourtant, dans un bref entretien accordé à la «Tribune de Genève», BHL – comme on le nomme à Paris – ne démord pas de sa vision romantique d’un Afghanistan qui ne serait pas prêt à se plier à la charia et voudrait épouser les valeurs de l’occident. Le très médiatisé Français était l’invité du symposium «Out of darkness: Afghanistan, une transition sans fin» de la Mission permanente de la République islamique d’Afghanistan à Genève et la Swiss UMEF university avant de retourner à Paris faire la promotion du nouveau documentaire qu’il cosigne sur les conflits de l’heure, intitulé «Une autre idée du monde».

Ahmad Massoud défait dans le Panchir, est-ce la fin de la résistance afghane?

Une résistance ne finit que lorsqu’elle décide de baisser les bras. Tant que le fils du commandant Massoud et ceux qui l’entourent, continueront de défendre leurs valeurs contre les talibans et les défaitistes, la résistance vivra. Aujourd’hui le cœur de l’Afghanistan bat dans ce qu’il reste du Panchir et une poignée de valeureux combattants. Ce cœur bat aussi chez ces femmes à Kandahar, Herat ou Kaboul qui défient les talibans au risque de leur vie en descendant dans la rue. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’une grande idée vit grâce à une poignée d’hommes et de femmes et cela ne l’a pas empêchée dans certaines circonstances de triompher.

Le retrait américain sonne-t-il la fin de l’universalisme des droits de l’homme?

Ceux qui ont décidé le retrait des troupes américaines ne croient sans doute plus dans l’universalité des droits de l’homme. Ce n’est pas parce que des diplomates myopes et des stratèges idiots ont cessé de croire à une idée que cette idée est morte. Elle demeure en Afghanistan chez ceux qui ne se soumettent pas et à Genève, à Paris, à New York, chez ceux qui sont révoltés par l’abandon de ce pays. L’universalisme des droits de l’homme et de la femme continue de vivre et de valoir. Nous sommes nombreux en Suisse, en France et plus largement en Occident à être remplis de dégoût face à cet abandon unilatéral.

L’Occident en fait-il assez pour l’accueil des Afghans qui fuient?

Non. On est trop frileux. Ceux qui fuient l’Afghanistan des talibans, produit de notre propre lâcheté, nous leur devons un accueil inconditionnel. Ceux qui fuient parce qu’ils nous ont fait confiance et que nous avons trahi leur confiance, au moins, nous leur devons cet accueil inconditionnel.

Afghanistan – Bernard-Henri Lévy : « L’abandon de Kaboul me remplit de dégoût » (7 septembre 2021)