Israël-Palestine « Que veut le Hamas ? Torpiller les accords d’Abraham » affirme Bernard-Henri Lévy (Radio Classique)

Bernard-Henri Lévy était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce mercredi 19 mai. Intellectuel globe-trotter et personnalité médiatique, le philosophe a évoqué entre autres la situation au Proche-Orient alors qu’à ce jour aucune tentative diplomatique n’est venue mettre un terme aux violences.

Bernard-Henri Lévy, réputé pour « murmurer aux oreilles des présidents » a toujours eu un rapport très proche au pouvoir et aux politiques, et ce quelque soit leur couleur politique : « je ne murmure pas, ce que je dis à un président je le dis à voix haute (…) Le Président de la République étant au service des citoyens, quand j’ai une conviction forte et un accès à lui je m’en sers (…) Quand je trouve que le sort de Sarajevo est immonde je vais le dire à Mitterrand, quand je pense qu’il faut inviter le Commandant Massoud à Paris j’essaie de le dire à Chirac, quand je pense que les femmes kurdes massacrées par Erdogan méritent un soutien ferme je le dis au Président Macron », à cette liste, s’ajoute notamment le rôle qu’il a joué dans l’intervention en Lybie contre Mouammar Kadhafi auprès de Nicolas Sarkozy.

Bernard-Henri Levy fait le constat d’une humanité de moins en moins solidaire à l’international, dont le dernier exemple est l’annonce par Joe Biden du retrait des troupes en Afghanistan : « On vit de plus en plus dans une humanité à deux vitesses, avec une humanité bénie et une humanité damnée, de cette humanité damnée nous sommes de plus en plus à  nous en foutre (…) mais le Judéo-Chrétien que je suis crois à l’unité de l’espèce humaine, au monogénisme et à la fraternité des hommes (…) L’Occident a récemment décidé de livrer l’Afghanistan aux talibans, car Biden qui retire ses troupes envoie le message suivant : « Les talibans, à table ». Ainsi, les engagements successifs de Bernard-Henri Levy sont guidés par deux principes, la soif d’aventure et la volonté de s’opposer aux dictatures, souvent au prix d’une ingérence qu’il estime justifiée : « Goebbels disait que charbonnier est maître chez soi, mais on est nombreux à refuser que cela se passe ainsi (…) Vladimir Poutine n’est pas libre de faire ce qu’il veut dans les territoires d’Ukraine, de s’y conduire comme un tyran, un tortionnaire (…) la communauté internationale existe ». L’intellectuel se réclame de Edmund Husserl, selon qui deux approches de pensée existent : « d’un côté la pensée pure, abstraite, logique (…) de l’autre la phénoménologie, les choses, le contact (…) Des deux voies j’ai choisi la deuxième, j’ai choisi d’aller me coltiner la grande colère des choses, la saleté du monde », une soif d’aventures et d’expériences donc, même s’il reconnaît être un homme « heureux et nanti ».

Interrogé par Guillaume Durand sur le rapport entre des penseurs comme Foucault, Derrida, Althusser et l’idéologie « woke » ayant pour but la déconstruction des identités et de l’Histoire, Bernard-Henri Lévy affirme que ce lien s’est fait à tort par une exportation des idées Outre-Atlantique, leur remodelage dans des campus américains puis le retour en France de ces idées écornées par une interprétation fausse : « On est dans une époque d’analphabétisme, la déconstruction est un mot utilisé par Derrida mais il n’a jamais dit ce que les woke lui fond dire, en substance, c’est la mise à l’épreuve des grandes oppositions qui constituent un champ philosophique, cela n’a rien à voir avec la déconstruction des institutions (…) à l’époque où l’Amérique citait Derrida et Foucault, ils étaient moins bêtes que certains campus aujourd’hui (…) ces idées reviennent en France dans une extrême-gauche débile et analphabète ».

Alors que la situation au Proche-Orient semble à ce jour inextricable et qu’aucune tentative diplomatique ne vient mettre un terme aux violences, Bernard-Henri Lévy affirme que cette offensive du Hamas montre qu’une solution pacifiée à deux Etats apparaît comme hors de propos : « Est-ce qu’on veut créer un nouvel Etat terroriste ? Un nouvel Etat qui sert de rampe de lancement aux missiles des pays voisins ? Bien sûr que non (…) Que veut le Hamas ? Torpiller les accords d’Abraham, détruire ce pas vers la paix, il n’a d’autre but que la guerre et la destruction d’Israël (…) C’est le Hamas qui a fait tomber cette pluie d’obus il y a 15 jours ».

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