Jean-Luc Lagardère

Jean-Luc Lagardère


Entrepreneur français. Patron de presse. Patron, jusqu’à sa mort, en 2003, du Groupe Hachette

Les dates-clef de Jean-Luc Lagardère

1928 : naissance à Aubiet.
1950 : diplômé de l’école d’ingénieurs Supélec.
1964 : prend la direction de Matra Sports.
1969 : Matra remporte le titre en Formule 1 grâce à Jackie Stewart.
1975 : Jean-Luc Lagardère divorce d’avec son première épouse, Corinne Levaseur.
1978 : il rencontre Elisabeth Pimenta Lucas, dite, Bethy, reine de beauté et mannequin brésilienne.
1979 : Jean-Luc Lagardère prend la direction d’europe 1.
1980 : commence la construction du groupe Lagardère avec ses deux pôles, défense et médias.
1981 : Jean-Luc Lagardère prend, avec Sylvain Floirat et Daniel Filipacchi, le contrôle d’Hachette.
1990 : Jean-Luc Lagardère devient opérateur de la chaîne de télévision « La Cinq »; la faillite retentissante de celle-ci l’obligera à réorganiser son groupe ainsi que ses structures de management.
1993 : Louis Schweitzer et Edouard Balladur empêchent Jean-Luc Lagardère de devenir le principal actionnaire de la Régie Renault. Jean-Luc Lagardère épouse Bethy.
1999 : Jean-Luc Lagardère est à l’origine de l’accord franco-allemand mariant, au sein d’EADS, les deux gérants (Matra et Daimler-CHrysler) de l’Espace.
2003 : décès de Jean-Luc Lagardère.

Les oeuvres-clef de Jean-Luc Lagardère

Le Groupe Lagardère.
Le Haras de Pont-d’Ouilly en Normandie.

Jean-Luc Lagardère et Bernard-Henri Lévy

Peu d’hommes auront autant compté, dans la vie de Bernard-Henri Lévy, que Jean-Luc Lagardère. Tout semblait opposer les deux hommes. Leurs origines familiales. Leurs formations respectives, scientifique pour l’un, littéraire pour l’autre. Le goût de Jean-Luc Lagardère pour le sport alors que Bernard-Henri Lévy y est notoirement allergique. Et pourtant… Les amis communs des deux hommes se souviennent de la complicité qui émanait de leurs échanges. Ils savent que Jean-Luc Lagardère a toujours été, et pas seulement parce qu’il était le patron d’Hachette, l’un des tout premiers lecteurs des manuscrits de Bernard-Henri Lévy. Ils se souviennent de ce « Dîner des Cent » que Jean-Luc Lagardère avait donné, avec sa femme Bethy, en l’honneur de Lévy, à la veille de son départ pour la mission en Afghanistan que lui avait confiée Jacques Chirac. Ils se souviennent aussi de la présence de Lévy, à ses côtés, en mai 1992, au lendemain de l’échec de la chaine de télévision La Cinq, à Séville où il avait réuni, dans le cadre de l’Exposition Universelle, les barons de son Groupe ainsi qu’une poignée d’amis chers à son coeur. Et ils gardent un souvenir ému, enfin, de l’oraison prononcée par Bernard-Henri Lévy, à l’église Saint-François-Xavier, le jour de ses obsèques. Ce texte est repris dans Récidives. Il m’est arrivé de le donner en commentaire à mes étudiants. Il est rare que cette lecture ne leur ait pas mis les larmes aux yeux.

Bernard-Henri Lévy, du vivant de Jean-Luc Lagardère, disait que la continuité sans discussion de sa présence chez Grasset (filiale d’ Hachette) était en partie liée à la présence de Jean-Luc Lagardère à la tête du Groupe. Cette estime, cette affection, cette fidélité, il les a reportées sur le fils de Jean-Luc, Arnaud, qui est son cadet mais auquel l’unit, aussi, une vive amitié. Un signe : quand Arnaud Lagardère, le 9 décembre 2007, fut l’invité exceptionnel de l’émission de radio et de télévision intitulée « Le Grand Jury RTL Le Figaro » et qu’il rassembla autour de lui, comme c’est l’usage, ses amis les plus proches, Lévy était au premier rang. Mieux : interrogé par Jean-Michel Apathie sur les sentiments que lui inspirait l’arrivée à Paris, le lendemain, à l’invitation du Président Sarkozy, de Kadhafi, il répondit en substance : « j’ai deux amis, Nicolas Sarkozy et Bernard-Henri Lévy – vous imaginez comme, sur la question que vous me posez, mon cœur peut balancer… ! ».  Un autre signe : quand en décembre 2009, Arnaud Lagardère a voulu célébrer le vingtième anniversaire de l’ex fondation Hachette, rebaptisée Fondation Jean-Luc Lagardère, c’est encore à Bernard-Henri Lévy qu’il a demandé de prononcer l’hommage à Jean-Luc Lagardère.

Bernard-Henri Lévy a formulé peu de vœux quant à la composition de cette petite « encyclopédie béachélienne » dont il m’a laissé l’entière responsabilité. Parmi ses très rares exigences, il y eut celle-ci : que figure une fiche sur cet ami, ce père, ce grand frère – Jean-Luc Lagardère. C’est chose faite.

Citation de Bernard-Henri Lévy sur Jean-Luc Lagardère

« Jean-Luc c’était l’anti-Citizen Kane. Son idée, son rêve, ce n’était pas un empire pour se nourrir de la lumière des autres, l’annexer, l’absorber, tout ramener à lui. Mais l’inverse. Sa lumière vers les autres. Son éclat pour les autres. Une étoile fixe, et très brillante, à laquelle d’autres venaient se chauffer. » (Hommage prononcé en l’Eglise Saint-François-Xavier, le 20 mars 2003 le jour des obsèques de Jean-Luc Lagardère et repris in Récidives, Biblio-Essais, p.652)

Citation de Jean-Luc Lagardère sur Bernard-Henri Lévy

« Premièrement, c’est un ami. J’ai peu d’amis. Il est gai. C’est un homme réfléchi. C’est un homme courageux. Cette fidélité à ses amis, c’est pour moi déterminant. […] Ceux qui l’ont critiqué passeront. Lui-même, comme tous les hommes, passera. Mais son œuvre restera. » (Extrait de l’émission « Vivement dimanche » de Michel Drucker, France 2, 11 novembre 2001)


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