« Le Kurdistan sera une 2ème démocratie au Moyen-Orient » (BHL à i24NEWS)

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« Le Kurdistan ne sera pas un deuxième Israël comme l’a dit le président irakien, mais sera une seconde démocratie au Moyen-Orient », a estimé le philosophe et écrivain Bernard-Henri Lévy sur i24NEWS.

Israël est le seul Etat de la région qui s’est déclaré favorable au référendum d’indépendance du Kurdistan irakien auquel ont participé plus de  72% des inscrits.

« Pour Israël, il est évident que son intérêt est de ne plus être seul à défendre les principes du pluralisme et de l’égalité », a-t-il affirmé.

Selon BHL, le gouvernement israélien a pris une « position courageuse, conforme à ses intérêts parce que le jour où le Kurdistan sera indépendant, ce sera une deuxième démocratie au Moyen-Orient », a-t-il asséné.

Interrogé sur de potentielles crises diplomatiques avec les alliés actuels, l’écrivain et philosophe pense que résulteront « des conséquences sur leurs relations avec les Turcs mais je crois qu’ils ne perdront pas au change. »

Par ailleurs, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé mardi l’Etat hébreu de geler ses relations diplomatiques « s’il ne reconsidère pas son soutien », a rapporté le journal Daily Sabah.

Il a également mis en garde contre un risque de « guerre ethnique et confessionnelle » si le Kurdistan irakien menait à terme son projet d’indépendance.

En relation avec le président du Kurdistan irakien Massoud Barzani, Bernard-Henri Levy a confié qu’il était « heureux car c’est le point d’un aboutissement d’un très long combat de voir une nation kurde démocratique. »

« M. Barzani ne va pas proclamer son indépendance demain, ce ‘oui’ au référendum lui donnera de la force, une autorité supplémentaire pour négocier avec Bagdad », considère-t-il.

« Bagdad sera bien obligé de négocier, la négociation est inévitable. La sortie du Kurdistan de l’Irak est, formellement, similaire au cas du Brexit . Cela va être un processus très long et compliqué ».

Bernard-Henri Levy a exprimé sa stupéfaction concernant la communauté internationale défavorable à la question kurde : « C’est un mystère désolant et qui me fait de la peine », a-t-il exprimé à i24NEWS.

« Voir des manifestations si nombreuses pour réclamer l’indépendance d’un peuple (palestinien) où les dirigeants pour l’instant sont souvent des islamistes et des terroristes, et personne dans les rues de Paris ou dans les capitales européennes pour soutenir l’indépendance d’un peuple démocrate, partisan de l’égalité homme-femme, protecteur des chrétiens, ouvert aux Juifs et partisans d’une démocratie pluraliste: il y a là un deux poids deux mesures qui me semble très inexplicable », a-t-il déploré.

Le réalisateur de « Peshmerga » voit l’indépendance des Kurdes non pas comme un redécoupage ethnique mais comme « un redécoupage démocratique ».

Revenant sur le statut de l’Irak, « un faux Etat d’une création coloniale », « le monde s’augmentera le jour de l’indépendance du Kurdistan d’une démocratie supplémentaire », a-t-il insisté.

L’intellectuel préfère « les pactes citoyens aux héritages colonialistes » qu’il considère comme l' »avenir du Proche-Orient ».

« Il faut qu’il y ait le plus possible de pactes citoyens, de démocraties authentiques qui fassent que cette région échappe à ces partages factices, à ces organisations politiques sans assiette qui sont héritées des âges coloniaux », a-t-il conclu.

Photo : Erbil, au soir du referendum, le 25 septembre 2017, Instagram @bernardhenrilevy

 


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