La réaction de Bernard-Henri Lévy à la libération de Roman Polanski

POLANSKI 2bhl4Soulagement. Bonheur. La justice suisse a retrouvé le chemin du bon sens. Le droit l’a emporté. Pas le passe-droit, le droit. Pas la justice abstraite, supérieure, transcendante, etc., mais le droit tout simple auquel Roman Polanski, comme tous les justiciables, avait tout simplement droit. Pour nous, à la Règle du Jeu, c’est essentiel. De même qu’il est essentiel que le grand argument mis en avant par la ministre suisse pour refuser de céder aux injonctions de l’Opinion, c’est-à-dire de la Justice américaine, soit celui de cette fameuse déposition du procureur de l’époque, Roger Gunson, faite en février dernier, et dont Roman Polanski a révélé lui-même, ici, dans nos colonnes, et l’importance, et le fait inexplicable qu’on prétendait la tenir sous scellés. Gunson, dans cette déposition, attestait qu’un accord avait bien été conclu, il y a trente ans, entre les parties. Il attestait que Polanski, au terme de cet accord, avait été condamné à une peine de prison qu’il avait effectivement accomplie. Et il concluait donc que Polanski avait payé sa dette et se trouvait donc quitte vis a vis de la Société. C’est cet argument qui l’a emporté. C’est aussi la capacité de résistance d’un homme – Polanski – qui n’a jamais ni flanché ni douté ni cédé. Et cette victoire est aussi celle des dizaines, des centaines de milliers de citoyens qui ont fini par comprendre que la Justice, dans cette affaire, marchait sur la tête et que cela n’était pas tolérable.
Nous les connaissons, à la RDJ, ces citoyennes et ces citoyens. Ce sont eux, ce sont tous les internautes fidèles à la Revue, qui ont écouté les arguments de Roman Polanski et les ont répercutés sur la Toile. A tous, merci. Et, à Roman, bienvenue dans le monde des vrais vivants qu’il n’aurait jamais dû, ne serait-ce qu’une seconde, quitter.
Bernard-Henri Lévy


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