La Une de Marianne, ce 23 avril : pro ou anti BHL ?

BHL MARIANNE 23 AVRIL 2011Demain, on m’annonce que l’hebdomadaire « Marianne« , dirigé par Maurice Szafran,  fait sa « une » sur « BHL chef de guerre » et consacre son éditorial (sous la plume de Jacques Julliard), ainsi qu’un dossier-événement de 14 pages, au rôle exact de BHL. La diplomatie secrète du plus célèbre des intellectuels français dans la guerre de Libye est racontée par le menu. Reconnaissance du Conseil National de Transition libyen début mars… Présentation des insurgés – les « Massoud libyens » – à Nicolas Sarkozy… Les aller-retours, depuis, entre Paris et Benghazi, la capitale de l’insurrection où BHL aide les généraux antikadhafistes à mettre au point la suite de leur stratégie en attendant les officiers de liaison de la Coalition… Préparation du voyage annoncé du chef de l’Etat français en soutien de la rébellion de Benghazi… Joseph Macé-Scaron raconte tout cela. Il narre les 8 semaines du marathon diplomatique secret du philosophe qui est devenu, en quelques semaines, le ministre de la Défense et des Affaires étrangères bis…

Evidemment, le « flamboyant philosophe » dépeint par Newsweek fait des jaloux, surtout sur les rives de la Seine (plus en tout cas qu’à New York !), et certains prennent la plume dans ce dossier, comme le polémiste Michel Onfray, pour dénoncer sa supposée « complicité avec les pouvoirs ».  Jean-François Kahn (le cofondateur du journal) s’interroge sur sa conception de la guerre, dans une chronique enlevée. D’autres intellectuels français, beaucoup d’autres, saluent, toujours dans ce même numéro de « Marianne« , son courage et sa fidélité à quelques principes.  L’historien Alexandre Adler (du Figaro) écrit que, sans BHL, ni la France ni les alliés n’auraient sans doute rien entrepris pour remplir leur devoir de protection des civils assiégés. Il a des soutiens beaucoup plus inattendus, comme celui d’un vieil ennemi, le philosophe catholique Paul Thibaud qui écrit que BHL « a eu raison de décréter l’urgence pour Benghazi ». Marcel Gauchet, l’influent patron de la revue Le Débat, n’est pas contre non plus. Et Alexis Lacroix conclut le tout dans une fresque historique sur l’engagement des intellectuels où il rappelle que, depuis Chateaubriand, au début du XIXè siècle, jamais un écrivain n’avait réussi à se muer en commandant en chef d’une opération militaire. Ni à s’immiscer dans la machine de décision de l’Etat. Pour le journaliste, BHL fait vivre la grande tradition antifasciste. Il le qualifie même de « kantien » ! Tout un programme…A lire, donc, dès ce samedi 23 avril.

Liliane Lazar


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