L’appel de BHL à « imposer la Syrie au G20 » connait un grand écho

bhl photo AFPNous reprenons ci-dessous une dépêche AFP, suivie d’une dépêche Reuters, qui reprenaient l’une comme l’autre l’article de Bernard-Henri Lévy paru dans le Monde du 3 septembre 2013. Dans cet article, l’auteur de La guerre sans l’aimer encourageait Barack Obama et François Hollande à poser leurs conditions avant de confirmer leur présence au G20. La principale de ces conditions, selon lui : que la question syrienne soit présente au menu.

L’AFP diffusait la dépêche suivante, reprise, entre autre, dans le Nouvel Obs, France 24, Libération, 20 Minutes, Nice Matin, RTL.be, Le Figaro :

« Le philosophe français Bernard-Henri Levy demande à Barack Obama de placer la question syrienne au coeur du G20 en Russie ou à défaut de ne pas s’y rendre, dans une tribune publiée mardi par Le Monde et le Daily BeastNewsweek.

Après la décision du président américain de consulter le Congrès avant de frapper Damas, Bernard-Henri Levy estime qu' »il serait logique, pour Barack Obama, d’aller au bout de l’exercice de sagesse qu’il s’est imposé et qu’il a, par la force des choses, imposé à son homologue français: aller à Saint-Pétersbourg, oui, mais (…) en plaçant la question syrienne au coeur de ce qui aurait, sans cela, un insoutenable parfum de gaz ».

En cas de refus de Vladimir Poutine, « peut-être serait-il logique (…) de prendre le risque, alors, d’ajourner l’événement ou de s’y faire représenter », ajoute le philosophe.

Bernard-Henri Levy, qui fut en pointe lors de l’intervention occidentale en Libye en 2011, estime en effet que le président russe est « un peu plus qu’un allié » de Damas « puisque c?est lui qui a fourni au régime syrien ses armes et, sans doute, la formule de ses gaz ».

Il y aurait dans « les fastes » du G20 « une part d’indécence qu’il serait bon d’épargner aux survivants syriens des massacres », argumente-t-il.

Les dirigeants des pays du G20 se retrouvent jeudi et vendredi à Saint-Pétersbourg, accueillis par une Russie inflexible sur la crise syrienne. Aucun tête-à-tête entre MM. Obama et Poutine n’est prévu dans l’agenda de ce sommet.

Barack Obama va demander l’autorisation du Congrès, qui fait sa rentrée le 9 septembre, pour opérer des frappes en Syrie en réaction à l’attaque chimique présumée du 21 août attribuée par les Etats-Unis et la France au régime de Bachar al-Assad.

Le président français François Hollande, convaincu de la nécessité de « punir » le régime syrien, est contraint d’attendre la décision américaine. »

Une heure plus tôt, c’était l’agence Reuters, insistant d’avantage sur l’appel de Bernard-Henri Lévy au président François Hollande :

«L’essayiste français Bernard-Henri Lévy demande à Barack Obama et François Hollande d’imposer à Vladimir Poutine un dialogue « musclé » sur la Syrie lors du sommet du G20 qui s’ouvre jeudi à Saint-Pétersbourg ou, à défaut, de s’abstenir d’y aller.

Si la question syrienne n’est pas au coeur de cette réunion normalement consacrée aux questions économiques et monétaires, ce G20 fera figure de « farce », avertit l’écrivain dans une tribune publiée mardi par Le Monde.

Après avoir déclaré que l’usage de gaz toxique contre la population syrienne par le président Bachar al Assad ne devait pas rester impuni, les présidents américains et français, isolés, paraissent hésiter sur l’action à mener.

Le sommet du G20 offre au président russe une tribune pour plaider la cause de son allié syrien, estime Bernard-Henri Lévy, qui fut un ardent avocat de l’intervention occidentale contre le régime libyen de Mouammar Kadhafi en 2011.

« Il serait bon d’épargner aux survivants syriens des massacres » l’indécence d’un Vladimir Poutine « plastronnant sous les lambris » de Saint-Pétersbourg pendant qu’il livre à Damas les missiles qui pourraient un jour frapper les hélicoptères et les avions américains et français, poursuit Bernard-Henri Lévy.

Il serait « logique » que Barack Obama exige au moins « le tête à tête musclé dont le maître du Kremlin a fait savoir qu’il ne voulait pas mais sans lequel c’est toute la réunion qui ferait figure de comédie et de farce », fait-il valoir. » (Dépêche reprise, entre autres, dans les Echos, Die Welt, le New York Times).

Laurence Roblin

photo : (c) AFP


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