Le 3 juin 2016 : « On peut être Peshmerga et Juif » (portrait par Gilles Hertzog de Mike Barzani, décédé ce 28 juin 2021, l’un des héros de «Peshmerga», le film de Bernard-Henri Lévy)

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Il est le noble descendant des plus vieux Juifs au monde, les Juifs exilés à Babylone en 597, puis 586 et 581, avant notre ère, qui rejoignirent leur terre d’origine, le royaume d’Israël, vingt-six siècles plus tard, en 1947 et 1948, à l’exception d’une poignée d’entre eux, gardés en otage par les régimes irakiens successifs. Dont, né quelques années plus tard, lui, Michaël Barzani.

Nous avons rencontré Michaël – que tous, à commencer par lui-même, surnomment «Mike » – au quartier général de Sirwan Barzani, commandant le secteur 6 du Front du Kurdistan irakien face à Daech. Mike est son bras droit, presque son ombre. Il a la cinquantaine, porte le turban et le sarouel kurdes. C’est un Peshmerga, la kalachnikov au côté. Mais il est également Juif. Kurde et Juif à la fois. Fier d’être l’un et l’autre. Et il déborde de joie à l’idée de rencontrer Bernard-Henri Lévy qui est avant tout, pour lui, l’auteur de « L’Esprit du judaïsme ».
Voici ce qu’il lui déclare, face à la caméra :

« Il y a ici, au Kurdistan, des Chrétiens et des Juifs qui luttent contre Daech. Ma famille en Israël m’a dit : tu dois respecter, tu dois te battre, tu dois dédier ta vie à cette révolution kurde et à la famille Barzani. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont raconté qu’après la première guerre mondiale puis la seconde, nous avons été persécutés, et que les seuls à nous avoir protégés étaient Mustafa Barzani et sa famille. Je leur ai donc consacré ma vie. Du Kurdistan, nous avons été déportés cinq fois, dans le sud de l’Irak par Saddam Hussein, et trois fois en Iran. Dans mes rêves, mes prémonitions, mes prédictions, la paix et la stabilité s’installeront en Israël comme au Kurdistan, et nos deux nations se respecteront. »

Sur ses conseils, nous nous rendrons à Akré voir le pont dit de la Synagogue et la maison natale du futur Ministre de la Défense d’Israël, Yitzhak Mordechai. Puis, quelques jours plus tard, nous découvrirons le tombeau du prophète Nahum dans un petit village araméen du nord du Kurdistan, où des enfants prieront devant nous en araméen, vivant témoignage de cette mémoire commune du judaïsme et de la première religion chrétienne, à deux pas de Ninive, aux mains aujourd’hui des barbares.
Mike Barzani, Juif et Kurde, Kurde et Juif, aura été l’une des grandes et vraies rencontres de cette aventure.
Il est, ô combien, l’un des personnages du film.

Gilles Hertzog

http://laregledujeu.org/2016/06/03/29275/peshmerga-le-film-de-bernard-henri-levy-et-ses-heros-michael-barzani/

 

 

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« Peshmerga », de Bernard-Henri Lévy, en salles le 8 juin prochain, à Paris : 

Au cinéma Etoile Saint-Germain, 22 Rue Guillaume Apollinaire, 75006 Paris

Au cinéma Le Lincoln, 14 Rue Lincoln, 75008 Paris

Au MK2 Beaubourg, 50 Rue Rambuteau, 75003 Paris
NouvellePESHMERGA_Levy_Affiche - copie

 

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