Philippe Bilger

Philippe Bilger


Philippe Bilger est un magistrat français. Blogueur influent. Défenseur d’une « liberté d’expression » qui le conduit, dans son blog, à commenter les affaires judiciaires auxquelles il lui arrive d’être, ès qualités, mêlé. Défenseur aussi, au nom du même principe de libre expression, de personnages comme Dieudonné.
Dieudonné, le provocateur antisémite bien connu, il le défend avec constance : il l’« inclut » dans « une série de personnalités qui sont des agitateurs » ; il lui reconnaît le mérite d’avoir « pendant longtemps secoué, bouleversé, agité un monde intellectuel dans des domaines où il est très difficile parfois de dire ce qu’on pense » ; il ne commence à s’en distancier que le jour où « l’agitateur » invite le négationniste Robert Faurisson sur la scène de son théâtre de la Main d’Or – et encore ne lui reproche-t-il alors que de n’être « plus utile à la liberté d’expression » (sic)» (AgoraVox, ibidem).
Avocat général au procès du gang des barbares et de Youssef Fofana, il se voit reprocher par l’avocat et la famille de Ilan Halimi, le jeune Français de confession juive torturé à mort par le gang, un réquisitoire indulgent.
Avec Bernard-Henri Lévy, enfin, il n’a jamais manqué de croiser le fer : voir citations ci-dessous ; et voir, aussi, dans Paris-Match du 9 juillet 2009, cette étrange liste noire d’ « intellectuels » qu’il assimile à des « handicapés de l’Universel » et qui s’appellent « Alain Minc, Jacques Attali, André Glucksmann, Max Gallo et, bien sûr, Bernard-Henri Lévy. » (sic)

Les dates-clef de Philippe Bilger

1943 : naissance de Philippe Bilger à Metz.
1972 : Philippe Bilger est juge d’instruction à Lille.
1976 : Philippe Bilger est substitut à Bobigny.
1982 : Philippe Bilger est substitut à Paris.
1999 : Philippe Bilger est avocat général hors hiérarchie.
2004 : Philippe Bilger est avocat général au procès de Maxime Brunerie, l’homme qui a tenté de tuer Jacques Chirac.
2009 :Philippe Bilger est avocat général au procès du gang des barbares et de Youssef Fofana ; le 1er décembre 2009, après la « votation » suisse sur les minarets, Philippe Bilger commet un blog qui se termine par ces mots :  » est-il forcément indécent d’avoir du mal à supporter certaines situations ou à accepter un avenir quand on ne sait pas comment affronter les premières et qu’on a peur du second? Quand on craint d’être noyé ? Est-il vraiment indigne de répondre non? Comme en Suisse « .

Les oeuvres-clef de Philippe Bilger

Un avocat général s’est échappé, Le Seuil, 2003.
Le Guignol et le Magistrat, avec Bruno Gaccio, Flammarion, 2004
Arrêt de mort (roman), Le Félin, 2005.
Pour l’honneur de la Justice, Flammarion, 2006.
J’ai le droit de tout dire !, Le Rocher, 2007
États d’âme et de droit, Le Cherche Midi, 2009

Philippe Bilger et Bernard-Henri Lévy

Rien ne prédisposait Bernard-Henri Lévy à croiser la route de ce haut magistrat. Rien… sauf que le dit magistrat est, aussi, un blogueur influent ainsi que l’auteur de livres nombreux. C’est dans ce cadre qu’il a, plusieurs fois, désigné BHL comme son ennemi. Celui-ci vient-il témoigner, à la demande du directeur de Charlie Hebdo, dans le procès qui l’oppose au dessinateur Siné, poursuivi pour incitation à la haine raciale ? Monsieur Bilger prend le parti de Siné. Vient-il témoigner en défense d’une famille d’immigrés de Lyon dont l’enfant a été victime d’un crime à connotation possiblement raciste ? Monsieur Bilger déclare nul et non avenu le principe même d’un témoignage de Lévy. La vérité est que tout oppose les deux hommes. Leurs origines politiques. Leurs formations respectives. Le fait que, pour Bernard-Henri Lévy, le principe de tolérance n’oblige pas à ce que soient infligées à toute une société les provocations d’un Dieudonné – le fait que, pour Philippe Bilger, Dieudonné n’est rien qu’un banal « agitateur » et mérite, à ce titre, l’indulgence.
 » Récemment encore, les déclarations de Eric Zemmour sur l’origine ethnique de la délinquance ont choqué Bernard-Henri Lévy. Mais elles ont été soutenues par Philippe Bilger. Autre désaccord entre Bernard-Henri Lévy et Philippe Bilger.

Citations de Philippe Bilger sur Bernard-Henri Lévy

« La Justice a-t-elle vraiment besoin de Bernard-Henri Lévy ? Le sentiment de vérité et de justice aussi bien que l’institution judiciaire elle-même ? La question doit se poser puisque l’intellectuel préféré des médias, à la fois donneur de leçons, mondain et milliardaire, s’est multiplié à Lyon où il a été témoin – je corrige : Grand Témoin – dans le procès de presse intenté par la LICRA contre Siné et dans une affaire criminelle où il lui était demandé à toute force de convaincre que le crime était raciste. » (« BHL, un Grand Témoin inutile », le blog de Philippe Bilger, Dimanche 01 Février 2009).
« Il fait peur apparemment. J’admets ses puissances secrètes, l’étendue de son emprise, les clientélismes qui s’abreuvent à sa source, son aura indéniable et inquiétante. Il n’y a pas qu’en économie que les « maîtres du monde » sont à craindre. Il suffit de lire le récit de son cher ami Enthoven sur la vie festive et occulte de BHL et de son épouse à Tanger pour percevoir qu’on ne fait pas le poids, que les médias, pour la plupart, rampent parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. » (Même blog, même date).
«
Faut-il aller jusqu’à cette interrogation risquée : parce que BHL est juif, il se déclarerait investi, bien plus que quiconque, de la mission de séparer le bon grain de l’ivraie et infiniment habile et avisé dans l’identification de l’un ou de l’autre ? On aboutirait ainsi à un privilège qui serait octroyé à un intellectuel non pas en raison de ce qu’il pense mais de ce qu’il est. Quelle dérive que cette présomption si elle existe ! » (Même blog, même date, citation introduite par l’intertitre : « Vérité judaïque ? » )

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Philippe Bilger

« J’ai vu, sur un site Internet, un blogueur nommé Bilger s’étonner de me voir cité dans deux procès si différents et se lancer, pour l’expliquer, dans des considérations pour le moins étranges sur la «vérité judaïque» (sic) dont je serais le porte-parole. » (Le Point, 5 février 2009).
« Nous n’eûmes droit, en guise de réquisitoire, qu’à un exercice de casuistique dont la confusion, les prudences, les embarras à peine déguisés face à ce crime commis en commun et hors normes, les incohérences, surprirent les observateurs. La famille d’Ilan, quant à elle, en fut abasourdie. Elle a tout perdu. Tout. Jusqu’à la force de pleurer. Ne lui reste, il faut le savoir, que l’humble mais ferme espoir de voir dite la justice. Il est temps ». (Le Point, 9 juillet 2009 : « Ilan Halimi, pour mémoire »)
N. B. : Suite à une demande de Monsieur Bernard-Henri Lévy, deux phrases de cette notice ont été supprimées.


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