Quand Mahmoud Jebril, patron de la Libye libre, écrit à Bernard-Henri Lévy pour remercier la France, son Président et ses aviateurs

LETTRE MAHMOUD JEBRILCher Bernard-Henri Lévy.

Permettez que, une fois encore, je passe par vous – vous qui nous avez fait, le premier, approcher le président Sarkozy – pour lui délivrer le message suivant.

« Monsieur le Président.
Vos avions, en pleine nuit, ont détruit les chars qui s’apprêtaient à martyriser Benghazi et à entrer dans la ville sans défense. Que vos aviateurs en soient remerciés. Comme l’a dit Winston Churchill, en 1940, à propos des aviateurs anglais: « rarement autant d’hommes auront dû autant à si peu d’hommes. »

Depuis, les frappes de la coalition ont paralysé le dispositif du tyran, même s’il tient les villes de la côte où il s’est barricadé et d’où, faute de moyens, nous ne pouvons pas encore le déloger. Que les forces britanniques, américaines, européennes, que les forces du Quatar et du Koweit, que les forces françaises encore, soient remerciées de cela aussi. Le peuple libyen voit en vous des libérateurs. Sa reconnaissance envers vous tous sera éternelle.

Je voudrais ajouter, cher Président Sarkozy, à votre attention personnelle et à celle du peuple français, ceci. Le peuple libyen mais aussi les peuples amis voisins, à commencer par nos frères tunisiens et égyptiens, voient dans le secours que vous nous apportez un grand geste à l’égard du monde arabe. Ce secours au Printemps arabe, ce soutien décisif à l’aspiration des populations de notre région aux libertés et aux droits humains, c’est en Libye qu’il se manifeste aujourd’hui: mais nous savons qu’il dépasse nos frontières et s’adresse, par delà notre lutte, à tous nos frères.

Pour l’heure, notre lutte de libération continue. Certes, nos forces doivent s’organiser. Nos structures de commandement doivent être plus efficientes. Mais souvenez-vous, Monsieur le Président, que notre armée n’existait pas il y a encore quatre semaines. Nous avons tous les hommes prêts à combattre. Nous ne doutons pas de leur vaillance. Nous ne voulons pas de forces extérieures. Nous n’en aurons pas besoin.

Nous allons, grâce à vous, gagner la première bataille. Nous gagnerons, par nos propres moyens, la bataille suivante. Notre libération est pour demain. Il nous faut seulement un peu de temps. Nous savons que nous pouvons compter sur vous jusqu’à la libération complète du pays et la chute du tyran Kadhafi.

Merci la France. Vive la Libye libre.

Mahmoud Jebril.


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