Depuis ce matin, dans ma tête, tous les Glucksmann que j’ai connus se bousculent et me convoquent dans des zones de ma mémoire que je ne pensais pas revisiter de sitôt. Il y a le beau jeune homme haranguant un peuple d’ouvriers et d’étudiants, ils doivent bien être une dizaine, la scène se passe rue du Bourg-Tibourg, à Paris, en 1969 ou 1970, dans un appartement prêté par un « camarade progressiste » pour cette rencontre « clandestine » organisée par une cellule de la Gauche prolétarienne. Il y a le Glucksmann stratège et tacticien que je revois prenant d’assaut une salle de Louis-le-Grand pour redessiner, à la craie, sur le tableau noir où traînent encore quelques caractères de grec ancien, les grandes lignes de…