Un « sultan néo-ottoman » en la personne de Recep Tayyip Erdogan, une Turquie qui a fait un « bras d’honneur à l’Europe », un « accord scélérat » signé par Bruxelles pour qu’Ankara garde les migrants en provenance de Syrie sur ses terres en échange de 3 milliards d’euros et d’une libéralisation des visas…

Invité dimanche du « Grand-Rendez-vous » pour Europe 1, CNews, et « Les Echos », le philosophe Bernard Henri-Lévy n’a pas mâché ses mots en commentant l’actualité internationale. « La Turquie est un des théâtres où se joue la bataille mondiale entre l’islam des lumières et l’islam fondamentaliste », a-t-il mis en garde. Et, alors même que les citoyens turcs se rendaient aux urnes pour décider ou non d’élargir les pouvoirs de leur président, il a estimé que « si le oui l’emportait, le peuple turc tomberait sous une férule et une chape de plomb dont on n’a pas idée ici ». Au micro d’Europe 1, BHL a convié les Européens à défendre la démocratie, en mettant en place un programme d’aide concrète à toutes les forces de la société civile turque.

Et le philosophe français de regretter, au passage, que l’on n’ait pas eu « des mots aussi durs avec Erdogan que ceux qu’on a eus avec Trump ». A ses yeux, le président turc « fait partie des hommes qui, avec Poutine, veulent déstabiliser l’Europe ». L’Europe, quant à elle, est « toujours partagée entre le mol affaissement et la volonté de défendre ses valeurs. Je constate aujourd’hui que la volonté de défendre ses valeurs n’est pas ce qu’on entend le plus », a-t-il encore déploré.

« Saluer le geste de Trump »

En revanche, s’il a souvent estimé que le président américain, Donald Trump, « n’est pas la solution, il est le problème », BHL a déclaré, dimanche, que le locataire, depuis trois mois, de la Maison-Blanche « se comporte plutôt bien depuis quelques jours ». Notamment vis-à-vis de la Corée du Nord. Face au régime de Pyongyang, Washington alterne entre « d’un côté, la menace de la force, et de l’autre ,une intense activité diplomatique ». Une stratégie qui a « peut-être déjà porté ses fruits », d’après le philosophe. Evoquant l’échec d’un tir de missile par le régime quelques heures plus tôt, Bernard-Henri Lévy a précisé qu’en Corée du Nord, quand un essai nucléaire « ne marche pas, c’est qu’on a voulu que ça ne marche pas ».

Enfin, il a salué l’attitude de Donald Trump sur le dossier syrien. Contrairement à Barack Obama qui n’avait pas su « faire respecter la ligne rouge », il a jugé qu’en répondant par la force à l’attaque chimique attribuée au régime de Bachar Al Assad, l’actuel président américain n’avait « pas allumé un brasier mondial. Il a dit non à un nouveau massacre d’enfants […], enfin il se passe quelque chose ! Ça n’exonère en rien Trump de ses erreurs, mais il faut saluer ce geste », a déclaré Bernard-Henri Lévy, lui-même de retour de cette région.

D’un Irak ravagé par la guerre, l’intellectuel français a ramené un film sur la bataille de Mossoul qui, selon l’ONU, a fait depuis six mois 500.000 déplacés.


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