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1948-1972

Né le 5 novembre 1948 à Béni-Saf, en Algérie, près d’Oran, Bernard-Henri Lévy passe son enfance au Maroc puis, très tôt, en France où sa famille s’installe dès 1954. Il fait ses études au Lycée Pasteur de Neuilly où ses parents résident. Après une « Hypokhâgne » et une « Khâgne » au Lycée Louis-le Grand, à Paris, cette ceinture noire de judo entre (septième) à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm où il est élève de Jacques Derrida et Louis Althusser et où il se rapproche, sans toutefois y adhérer, des groupes maoïstes (UJCML, puis Gauche Prolétarienne) qui ont, en ce temps-là, la faveur des Normaliens.

En 1969, il effectue un long séjour au Mexique ; en sort un texte intitulé « Mexique, nationalisation de l’impérialisme » publié par « Les Temps Modernes ». L’été de la même année, il se rend en Israël, pays qu’il connaît depuis deux ans déjà puisqu’il s’y était rendu au dernier jour de la Guerre des Six Jours – rompant, de la sorte, avec l’antisionisme de réflexe de la plupart de ses camarades.

De ce second voyage, il tire un texte, paru dans la Revue du « Comité de la Gauche pour la paix négociée au Proche-Orient » qu’anime Clara Halter et à laquelle collaborent, entre autres, Vladimir Jankélévitch, Jean-Pierre Faye, Jean-François Revel. Ce texte s’intitule « Sionismes en Palestine » et fixe une ligne dont Lévy ne déviera jamais : soutien inconditionnel à l’existence et à la sécurité d’Israël ; mais nécessité absolue, pour des raisons tant éthiques que politiques, d’un Etat palestinien souverain.

En 1970, En marge de sa scolarité à la Rue d’Ulm, il entre à Sciences Po, d’où il sera exclu, en cours d’année, pour indiscipline. Il soutient, sous la direction de Michel Serres, son mémoire de maîtrise sur le thème : « Formation et Déplacement des concepts scientifiques selon Georges Canguilhem ». Parallèlement, il collabore au quotidien « Combat », dirigé par Philippe Tesson auquel il donne un long reportage sur l’Irlande du Nord en guerre ainsi que des enquêtes sur la paysannerie française.

En Juin 1971, il est reçu huitième à l’agrégation de philosophie. En septembre, il dépose, sous la direction de l’économiste et historien Charles Bettelheim (que lui présente Althusser) un sujet de thèse de III° cycle « impérialisme et colonialisme interne ».

En novembre de la même année, répondant à l’appel lancé par André Malraux pour la constitution d’une brigade internationale en faveur du Bangladesh, il part pour l’Inde, puis pour le Bangladesh où il passera plusieurs mois : d’abord correspondant de guerre pour le quotidien « Combat » ; puis fonctionnaire-vacataire, chargé des problème de « planification» , pour le jeune gouvernement de Mujibur Rahman, premier président du Bangla-Desh. Ce long séjour au Bangla-Desh fournit la matière de son premier livre, « Bangla-Desh, Nationalisme dans la Révolution » , publié, en 1973, dans la Collection « Cahiers Libres » des Editions Maspéro qui est, en ce temps-là, l’un des lieux de ralliement de l’extrême-gauche intellectuelle. (Ce livre sera réédité en 1985, sous le titre « Les Indes Rouges » au Livre de Poche).

De retour en France en 1972, il commence à enseigner, d’abord au Lycée de Luzarches en région parisienne ; puis, pendant deux ans, à l’Université de Strasbourg où il donne un cours d’épistémologie et à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm où il tient un séminaire sur le thème « Politiques de Nietzsche».

Rompant avec l’idéologie de l’extrême-gauche, il est choisi par François Mitterrand pour faire partie du « Groupe des Experts» où siègent des hommes et femmes comme Michel Rocard, Laurent Fabius, Edith Cresson, Pierre Bérégovoy, Jacques Attali, Jean-Pierre Chevènement, Kathleen Evin, Jacques Delors ; il y restera, chargé de la question de l’ « Autogestion » , jusqu’en 1976.
En 1972 toujours, naît Justine-Juliette de l’union de Bernard-Henri Lévy avec Isabelle Doutreluigne (décédée en 2003).