«La Torah est un livre infini, un livre-homme… Lire le texte juif, le lire comme il doit être lu, c'est produire un universel…» Le juif dogmatique n'est donc pas celui qui lit des livres et ne lit que le Livre, mais celui qui ne le lit pas assez. Telle serait l'essence même du judaïsme, tenant moins à la foi qu'à la Loi, et, surtout, à l'interprétation sans fin, laquelle, ainsi, ne donne jamais le «dernier mot» à personne. Cette idée, et celle, adjacente, du «souci de l'Autre», venue d'Emmanuel Levinas, sont au centre de l'ouvrage de Bernard-Henri Lévy, l'Esprit du judaïsme, qui s'ouvre par une analyse des différentes formes d'antisémitisme et affirme à la fin, sous la lumière de Rachi, Maïmonide…