Ce qu'on n'a pas assez dit sur Aucun ours, l'admirable film dont l'auteur, Jafar Panahi, est emprisonné, au secret, dans la terrible prison d'Evin, à Téhéran, c'est ceci. Les voix de l'Iran. Sa langue. Sa musicalité. Sa douceur chuintée qui, soudain, s'amplifie en voyelles emphatiques et capiteuses. Son chant. Ses inflexions faibles. Ses cadences lentes. Le persan. Le corps de Panahi. Ce corps omniprésent. Ce corps un peu lourd qui, au début, sourit et qui, au fil du drame, devient mystérieux et grave. Ce corps taiseux et contemplatif. Ce corps las, mais irradiant d'une énergie de résistant par logique, art et passion. Le corps d'un homme que l'Histoire a élu à rebours et qui a exploré, depuis, tous les chemins…


Autres contenus sur ces thèmes