Alain Delon

 

Alain Delon


Acteur français. A tourné avec les plus grands : Yves Allégret, René Clément, Luchino Visconti, Jean-Pierre Melville, Michelangelo Antonioni, Jacques Deray, Joseph Losey, Jean-Luc Godard, Louis Malle.

Les dates-clef d’Alain Delon

1935Delon (1904-1978), qui dirigea un cinéma de quartier, à Sceaux, Le Regina.
1949 : tourne son premier court-métrage, intitulé Le rapt.
1952 : Alain Delon devance l’appel et, à dix-sept ans, part à Saigon où il participe à la guerre d’Indochine en tant que matelot d’équipage dans la marine nationale.
1957 : tournage de son premier film, Quand la femme s’en mêle d’Yves Allégret.
1958 : rencontre avec Romy Schneider sur le tournage du film Christine.
1960 : Plein soleil de René Clément.
1962 : naissance de Ari, dit Ari Boulogne, le fils qu’Alain Delon aura avec Nico et qu’élèvera sa mère.
1963 : Alain Delon rencontre, sur le tournage de Mélodie en sous-sol d’Henri Verneuil, Jean Gabin.
1964 : Alain Delon épouse Nathalie Canovas dont il aura, l’année suivante, un fils, Anthony.
1968 : Alain Delon rencontre, sur le tournage de Jeff, Mireille Darc.
1976 : Monsieur Klein, film dont il est l’acteur principal et le producteur, gagne le César du meilleur film.
1981 : Alain Delon réalise son premier film, Pour la peau d’un flic, avec Anne Parillaud.
1985 : César du meilleur acteur pour Notre histoire de Bertrand Blier.
1987 : Alain Delon rencontre Rosalie Van Breemen et se sépare de Mireille Darc après quinze ans de vie commune.
1990 : naissance de Anouchka.
1994 : naissance de Alain-Fabien.
1999 : Obtient la citoyenneté genevoise, sans perdre pour autant sa nationalité française.
2003 : Claudia Cardinale, sa partenaire dans Le Guépard, lui remet l’Étoile d’Or du Festival international du film de Marrakech.
2005 : Alain Delon est fait Officier de la Légion d’honneur par le président de la République française Jacques Chirac.
2009 : prête son image au parfum « Eau Sauvage » de Christian Dior ; la photo choisie date de 1966…

Les oeuvres-clef d’Alain Delon

1959 – Faibles femmes de Michel Boisrond
1960 – Plein soleil de René Clément
1960 – Rocco et ses frères de Luchino Visconti
1962 – L’Éclipse de Michelangelo Antonioni
1963 – Mélodie en sous-sol d’Henri Verneuil
1963 – Le Guépard de Luchino Visconti
1964 – L’Insoumis d’Alain Cavalier
1964 – Les Félins de René Clément
1966 – Paris brûle-t-il ? de René Clément
1967 – Le Samouraï de Jean-Pierre Melville
1968 – La Piscine de Jacques Deray
1968 – Les Yeux crevés de Jean Cau, mise en scène Raymond Rouleau
1969 – Le Clan des Siciliens d’Henri Verneuil
1970 – Doucement les basses de Jacques Deray
1970 – Borsalino de Jacques Deray
1970 – Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville.
1971 – L’Assassinat de Trotski de Joseph Losey
1972 – Un flic de Jean-Pierre Melville
1973 – La Race des Seigneurs de Pierre Granier-Deferre
1973 – Deux Hommes dans la ville de José Giovanni
1974 – Borsalino & Co de Jacques Deray
1974 – Les Seins de glace de Georges Lautner
1975 – Flic Story de Jacques Deray
1976 – Monsieur Klein de Joseph Losey
1977 – L’Homme pressé d’Edouard Molinaro
1977 – Mort d’un pourri de Georges Lautner
1980 – Trois Hommes à abattre de Jacques Deray
1981 – Pour la peau d’un flic d’Alain Delon
1983 – Le Battant d’Alain Delon
1984 – Un amour de Swann de Volker Schlöndorff
1984 – Notre histoire de Bertrand Blier
1990 – Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard
1992 – Le Retour de Casanova d’Edouard Niermans
1996 – Variations énigmatiques d’Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène Bernard Murat
1997 – Le Jour et la nuit de Bernard-Henri Lévy .
1998 – Une chance sur deux de Patrice Leconte. 2000
2001 – Fabio Montale de José Pinheiro
2003 – Frank Riva de Patrick Jamain Saison 1
2004 – Frank Riva de Patrick Jamain Saison 2
2007 – Sur la route de Madison d’après le roman de Robert James Waller, mise en scène Anne Bourgeois, avec Mireille Darc, Théâtre Marigny
2008 – Astérix aux Jeux Olympiques de Frédéric Forestier et Thomas Langmann

Alain Delon et Bernard-Henri Lévy

Bhl et Alain Delon023Bernard-Henri Lévy et Alain Delon se rencontrent à l’Ile Maurice, sur une plage, en janvier 1995. BHL, qui a un projet de film et qui, jusque là pensait en confier le premier rôle à Michel Piccoli, le propose à Alain Delon qui l’accepte. Le film – Le Jour et la Nuit – sera tourné, au Mexique en avril, mai et juin 1996. Le tournage se passera plutôt bien, sans accrochage majeur entre Alain Delon et Bernard-Henri Lévy.
Une seule fois, à l’instant de tourner la scène du match de boxe où son personnage, Alexandre, est censé être mis KO par le jeune et fluet Xavier Beauvois, Alain Delon tentera d’intervenir sur le scénario et, même, de réécrire la scène au motif que le producteur des grands matchs de Monzon ne pouvait pas se faire battre, comme il était écrit, par un «gringalet». Bernard-Henri Lévy fera valoir ses arguments. Il expliquera, lors d’une longue et orageuse explication dont se souviennent les autres protagonistes et techniciens, pourquoi la scène était, dans cette forme, indispensable à l’économie de l’intrigue. Tout rentrera, alors, dans l’ordre. Et une bonne camaraderie naîtra même, en prime, entre Delon et le jeune Beauvois.
Le film sera présenté au festival de Berlin en février de l’année suivante. Victime d’un feu roulant de critiques – certains ont même dit : une « cabale » – le film connaît un échec retentissant. Mais sans que l’amitié entre les deux hommes, Lévy et Delon, en soit entamée pour autant. « J’avais trois maîtres, déclarera Delon, sous les huées, lors de la présentation du film, à Berlin. J’avais trois maîtres qui s’appelaient Visconti, Losey et René Clément. Eh bien voilà. J’en ai désormais un quatrième. Et c’est l’homme qui est assis, là, aujourd’hui, prés de moi ».
Quinze ans après, Bernard-Henri Lévy et Alain Delon sont toujours proches. Ils n’ont cessé de répondre « présent » chaque fois que l’autre en avait besoin.
Le 18 juin 1997, Alain Delon a vendu à Bernard-Henri Lévy le Palais de la Zahia qu’il avait lui-même acheté, un quart de siècle plus tôt, à Paul Getty. 18 juin… Un hasard ?

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Alain Delon

« De ce prodige qui dure, de cette grâce qui lui fut donnée et qui, au fil des décennies, ne l’a jamais quitté, je ne vois pas d’équivalent dans l’histoire du cinéma. James Dean, peut-être ? Mais James Dean avait la mort dans son jeu, avec l’ample mythologie qu’elle engendre. Delon, lui, n’a pas eu besoin d’un destin fatal pour produire son propre mythe » (1996, dossier de presse du Jour et la Nuit, repris in Récidives, Grasset, 2004, p136).
« Delon. Mes vrais rapports avec Delon. Leur violence extrême. Leur tension. Pas le conte de fées sirupeux que nous avons lui et moi – moi d’abord et lui, ensuite, par loyauté – tenté d’accréditer. Son intelligence des situations. Son goût de la stratégie. Les conneries qu’on m’avait dites sur le côté « animal » du personnage alors que j’avais affaire à l’un des joueurs d’échecs les plus redoutables de la place ». (Comédie, Grasset, 1997)
« Delon en DVD. Seize films, il me semble. Comment peut-on, en une vie, avoir donné vie à tant de chefs-d’œuvre ? » (Le Point, bloc-notes, 11.07.2003).
« Quand le film que nous avons fait ensemble s’est planté, il a été d’une loyauté impeccable. C’est rare. Je connais des tas d’autres acteurs qui, dans une circonstance semblable, prennent leurs jambes à leur cou. Lui, au contraire, est resté. Il n’a varié ni sur les raisons qu’il avait eues de participer à l’aventure ni sur ce qu’il pensait du film lui-même. » (2009, entretien avec Olivier Zahm, paru dans Purple Magazine, puis dans la Règle du Jeu).

Citations d’Alain Delon sur Bernard-Henri Lévy

« Bernard-Henri Lévy, son talent, son charme, sa persuasion, son scénario, ont été plus forts que mes réticences actuelles à faire du cinéma » (Le Point, 1er février 1997, propos recueillis par Michel Pascal),
« Les colères dont on a parlé étaient destinées à le préserver plus des techniciens que de moi. Je voulais qu’il reste le patron de son film. Et je rends hommage à son talent de directeur d’acteur qui m’a permis de jouer beaucoup mieux, sans doute, que dans certains films que j’ai pu faire ces dernières années » (Id.)
« Ma rencontre avec Bernard-Henri Lévy fut un événement heureux, comme le fut, en 1989, celle avec Godard pour Nouvelle Vague. » (Id.)
« Pour moi, Bernard-Henri Lévy c’était la Bosnie ! Son engagement, ses voyages, ses interventions, son courage… Parce que j’ai été un soldat, je sais ce que cela représente ». (Propos recueillis par Frédéric Musso, Paris-Match, 6 février 1997)
« Bernard est pratiquement le premier intellectuel de gauche auquel je me sois à ce point intéressé. Le seul intellectuel que j’aie connu et beaucoup aimé dans ma vie, c’est Jean Cau qui était, par essence, de droite » (Idem).


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