« L’antisémitisme se nourrit de l’extrême droite et de l’islamisme radical », Bernard-Henri Lévy est l’invité de Jean-Pierre Elkabbach (Public Sénat, le 5 février 2016)

Ce vendredi soir, à 22h, sur la chaîne Public Sénat, Jean-Pierre Elkabbach reçoit Bernard-Henri Lévy dans le splendide décor de l’annexe de la Bibliothèque Médicis du Palais du Luxembourg, à propos de son dernier livre, L’Esprit du Judaïsme, qui vient de paraître chez Grasset.
Assistons-nous à un renouveau de l’antisémitisme en France ? Alors qu’un lycéen de 15 ans vient d’être mis en examen et écroué pour une tentative d’assassinat d’un professeur juif à Marseille, la communauté juive de France se retrouve plongée dans un sentiment d’insécurité aggravé. Cette haine réactivée à son encontre pose plus que jamais la question de son identité en France. Voici un extrait de l’émission, qui sera diffusée ce soir.
« L’antisémitisme se nourrit de l’extrême droite et de l’islamisme radical. Il y a aujourd’hui un jeu de miroir entre ces deux idéologies. C’est le cas lorsque Marine Le Pen compare la kippa et le tchador, et que l’islamisme radical fait des juifs une de ses cibles prioritaires ». Bernard-Henri Lévy poursuit son combat. Dans « Bibliothèque Médicis », le philosophe décrypte l’écho que trouve la haine contre la communauté juive dans la société française actuelle et en dénonce ses causes. Mais pour l’auteur de La Barbarie à visage humain, « l’antisémitisme, hélas, n’a besoin de rien pour se nourrir ». « C’est un feu qui ne nécessite qu’on le charbonne, dit il. C’est une passion folle qui peut se passer du juif lui-même. Parmi les pays où l’antisémitisme est le plus virulent, il y en a certains quasiment dépourvus de juifs. »

Son intérêt pour un judaïsme d’affirmation n’est pas nouveau, notamment depuis qu’il en a posé les bases en 1979 avec Le Testament de Dieu. Toutefois, son nouvel ouvrage promet de susciter d’intenses débats pour les thèses qu’il y développe. Dans son essai, le philosophe s’emploie notamment à montrer à quel point l’histoire de France est bâtie sur la pensée juive mais que celle-ci y est quelque peu oubliée.« Il y a à travers l’histoire de France, une influence très forte du judaïsme », explique celui qui montre comment un tamuldiste champenois du XIème siècle, nommé Rachi, aurait fortement inspiré l’histoire de la langue française, ou encore que la part profondément juive de Marcel Proust a toujours été sous-estimée dans son immense œuvre. L’auteur de A la recherche du tempsperdu était en effet un lecteur assidu du Zohar, une œuvre majeure du judaïsme.

Dans un contexte troublé par la crise de la laïcité et la résurgence des actes antireligieux, Bernard-Henri Lévy tente de redonner à la pensée juive sa part de l’histoire de France et de répondre, à sa manière, aux questions les plus brûlantes que se pose la communauté juive aujourd’hui.

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