FAROUK HOSNI EST-IL UN ANCIEN ESPION ? PIRE : UN ANCIEN TERRORISTE ?

farouk hosni 2L’affaire Farouk Hosni vient peut-être de rebondir de manière particulièrement spectaculaire.
Et le moins que l’on puisse dire est que la part d’ombre de sa biographie est en train de s’épaissir.
Le très sérieux site arabe d’informations en ligne, Elaph.com, vient en effet d’apporter deux éclairages nouveaux, et terribles, sur le passé de celui qui sera peut-être, dans quelques heures, le prochain directeur général de l’Unesco.
Le premier. Farouk Hosni aurait, dans les années 1970, alors qu’il était en poste à l’ambassade d’Egypte à Paris, étroitement coopéré avec les services de renseignement de son pays afin – c’est lui, Hosni, qui parle – « d’espionner » et « dénoncer » les étudiants « qui déviaient ».
Le second. Un peu plus tard, alors qu’il était en poste en Rome comme conseiller culturel, il aurait joué un rôle important dans l’affaire du détournement, en 1985, du paquebot italien Achille Lauro qui déboucha, comme on sait, sur l’assassinat de deux otages dont un paraplégique américain jeté par-dessus bord avec sa chaise roulante.
Concrètement, et de son propre aveu, Hosni aurait, après l’aboutissement des négociations avec l’Italie, accueilli les assassins dans le sanctuaire diplomatique de l’Académie d’art égyptien à Rome qu’il présidait ; il aurait donc empêché que la justice italienne puisse avoir accès à eux pour les interroger ; et il aurait organisé enfin leur exfiltration vers l’Egypte où ils allaient pouvoir échapper à la justice italienne et internationale.
Déjà le 4 septembre dernier, le journal égyptien « Al-Dostor » avait, sous la plume de son éditorialiste Waël Abdelfattah, écrit que « la carrière de Hosni est en partie due à son militantisme au sein des Services » et qu’il avait joué un rôle « central » dans « l’étouffement » des intellectuels égyptiens.
Plus étonnant encore, le très sérieux quotidien gouvernemental « Al Ahram » évoquait, il y a deux ans, le 10 septembre 2007, ce rôle de Farouk Hosni dans le dénouement de l’affaire du détournement de l’Achille Lauro.
Ces révélations, à l’époque, passèrent inaperçues.
Aujourd’hui, il ne peut en être de même. Et la question, plus que jamais se pose : laissera-t-on l’Unesco à un ancien agent des services égyptiens qui semble avoir trempé, de son propre aveu, dans l’une des plus sombres et des plus cruelles affaires terroristes du XX° siècle ?
Il est très important que ces faits soient vérifiés et recoupés. Mais l’urgence est de porter, sans tarder, ces premiers éléments à la connaissance des 58 votants qui vont, ce soir, en leur âme et conscience, choisir le directeur général d’une institution qui symbolise la culture, l’amour de la pensée, l’humanisme.
Liliane Lazar


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