Jacques Weber raconte Hôtel Europe et BHL, dans Le Parisien

jddCet ogre de la scène qu’est Jacques Weber a passé une année chargée en morceaux de bravoure, parmi lesquels ses performances dans « Hôtel Europe », la pièce de Bernard-Henri Lévy donnée à l’Atelier (Paris XVIII e) et qui a fait couler beaucoup d’encre. Puis, au même endroit, « Gustave », où l’acteur de nouveau seul en scène incarne Flaubert jusqu’au 31 décembre. Et ce n’est pas tout…

Ses hauts.
« Deux des grands moments de bonheur que j’ai connus cette année n’ont pas de rapport avec la scène. Le premier, c’est d’avoir fini mon premier roman. J’avais déjà publié des ouvrages, mais un roman, jamais. Il est inspiré d’un fait divers que j’ai transformé en conte. Il devrait sortir au printemps chez Stock. L’autre événement a été mon déménagement à Suresnes et le changement de vie complet que cela a impliqué. Je marche des heures dans les bois, le long des quais, qui sont magnifiques. On se croirait en pleine nature, et je redécouvre Paris comme ça. Ensuite, il y a le théâtre, bien sûr. Je n’ai pour ainsi dire pas quitté les plateaux avec des textes forts à défendre, et il n’y a rien qui me rende plus heureux. Parmi eux, il y a eu cette rencontre très forte avec Bernard-Henri Lévy et sa pièce. Certes, elle a été pour le moins accueillie dans une sorte de malentendu, mais ce n’est pas un échec pour moi. Ce théâtre a vécu pendant 60 représentations, avec une pièce qui m’a totalement nourri et qui, je crois, a nourri les gens. Cette expérience a laissé de belles traces, et notamment ce qui restera l’un des très grands souvenirs de ma vie : la première représentation à Sarajevo. C’est le point d’orgue de mon année. Avoir vécu cette chose folle qui consistait à prononcer un texte devant un public directement concerné. Et dans cette ville totalement bouleversante, à la fois on ne plus vivante et on ne peut plus meurtrie qu’est Sarajevo. »
Ses bas.
Ils sont aussi liés à cette pièce. « Je peux bien vous l’avouer : lorsque je me suis retrouvé dans cette salle de la Fenice (NDLR : l’Opéra de Venise) dont on ne peut que rêver quand on est acteur, je ne m’y suis pas trouvé bien. Je n’ai pas réussi à dominer mon trac. Et je n’étais pas content de moi à la sortie. C’est ce qu’on appelle un loupé. Bernard-Henri Lévy a bien senti, lui aussi, que je n’étais pas au sommet. Mais c’est ça, le théâtre ! On ne sait jamais comment ça va se passer ! »
Pierre Vavasseur

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