"Quand Bernard-Henri Lévy, chez Ruquier, domine Salamé et Caron", Maria de França (La Règle du Jeu, le 8 septembre 2014)

Il fallait voir Bernard-Henri Lévy l’autre soir, samedi soir, face à Léa Salamé et Aymeric Caron dans l’émission de Laurent Ruquier.
Sa ténacité face à l’adversaire. Sa façon de ne se laisser déstabiliser ni par les questions ni par les réactions de la salle. Le panache quand il s’est adressé à la salle : « ce débat me fatigue ; venez plutôt juger sur pièces ; venez tous voir la pièce ; vous êtes mes invités ».
Le cran avec lequel il a refusé le moindre mea culpa sur la Libye.
Son argument était très simple, et implacable : je veux bien que l’on fasse le bilan noir de l’intervention (en Libye) : chaos, loi des tribus et des milices. Mais faisons aussi, dans ce cas, celui de la non intervention (en Syrie) : même chaos, même loi des tribus et des milices mais, en plus, 200 000 morts et l’Etat Islamique avec son cortège de décapitations. Son courage quand est arrivée sur le tapis la question d’Israël (je pleure les enfants palestiniens ; mais pas avec n’importe qui ; et surtout pas avec ceux qui ne se sont jamais mobilisés, qui n’ont jamais bougé le petit doigt pour les enfants Syriens, darfouris ou Tchétchènes).
La façon dont il remet en place Léa Salamé qui lui présente comme un sondage sur les prétendues intentions de vote lepénistes des Juifs de France ce qui était, en fait, une analyse datant de 2012. Son exhortation enfin adressée aux Juifs de France dont il comprend le malaise mais qu’il encourage à ne pas partir, à ne pas céder la place aux « salopards ». Un Bernard-Henri Lévy ne lâchant rien.
Et un Bernard-Henri Lévy triomphant, de bout en bout, des questions souvent mal préparées, mal documentées d’Aymeric Caron.​

Maria de França


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