"Théâtre: c'est la rentrée !", Armelle Héliot annonce le lancement d' "Hôtel Europe" (Le Figaro, le 27 août 2014)

Affiche Hôtel EuropePlus de quatre-vingt spectacles sont à l’affiche à Paris et en région parisienne, pour le seul mois de septembre. Pour vous mettre en appétit, voici une première sélection de huit pièces à ne pas manquer.

Paris demeure la capitale incontestée du théâtre. Comme chaque saison, le secteur privé ouvre les festivités avec un bouquet de créations très intéressantes. Le théâtre privé parisien, exception culturelle française, est non seulement d’une belle vitalité mais, de plus, s’intéresse plutôt à des écrivains contemporains, qu’ils soient français ou du domaine étranger.

Dans un premier temps, nous avons retenu huit productions qui traduisent la diversité de l’offre. Une très belle pièce de Philippe Madral qui puise dans l’histoire du début du XXème siècle son thème: les dernières années de deux géants, Georges Clémenceau et Claude Monet. Ils étaient amis et c’est alors qu’il était Président du Conseil que l’homme politique décida d’aménager l’Orangerie pour accueillir les grands panneaux des Nymphéas et tous les tableaux peints sur le même thème par Claude Monet, qui fit don de ces oeuvres à la France…Mais, perdant la vue, doutant de lui, il ne voulut plus de cet honneur. C’est le noeud dramatique de La Colère du Tigre que nous présentons aujourd’hui. Une mise en scène de Christophe Lidon au Montparnasse.

Parmi les autres pièces très intéressantes de la rentrée: Les Cartes du pouvoir de l’Américain Beau Willimon qui nous plonge dans le monde des «primaires». Une mise en scène de Ladislas Chollat à Hébertot avec entre autres Thierry Frémont, Raphaël Personnaz et son frère cadet, Julien Personnaz, Elodie Navarre, Roxane Duran et le directeur du théâtre, Francis Lombrail.

Après leur coup d’éclat du Prénom, première pièce devenue un film à succès, Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière récidivent avec Un dîner d’adieu, comédie pleine d’humour -et d’un zeste de cruauté- sur le thème de l’amitié. Bernard Murat met en scène dans son théâtre Edouard VII trois virtuoses, Audrey Fleurot, Eric Elmosnino, Guillaume de Tonquédec.

Honneur à une souveraine des planches: dans Les Combats d’une reine, Judith Magre interprète Grisélidis Real, femme peintre que la vie conduisit à se prostituer et qui prit une part très active dans la défense des femmes. Françoise Courvoisier qui met en scène et joue, a élaboré un montage d’après les écrits de Grisélidis que l’on découvre à trois âges de sa vie, avec aussi Elodie Bordas à la Manufacture des Abbesses.

La pièce la plus déjantée et la plus drôle de ce mois de septembre est sans nul doute Deux hommes tout nus, écrit par Sébastien Thiéry qui donne la réplique, au Théâtre de la Madeleine, à François Berléand. Deux comédiennes complètent la distribution, Isabelle Gélinas et Marie Parouty dans une mise en scène de Ladislas Chollat.

La pièce la plus personnelle, la plus autobiographique sans doute est celle de Bernard-Henri Lévy qui avec Hôtel Europe reconstitue une traversée d’un monde en bouleversement par la figure d’un écrivain incarné par Jacques Weber dans une mise en scène de Dino Mustafic à l’Atelier.

La plus mystérieuse est Dispersion (Ashes to ashes) du grand dramaturge britannique, Prix Nobel de Littérature, Harold Pinter. C’est le grand Gérard Desarthe qui signe la mise en scène et joue avec une comédienne rare au théâtre, mais que l’on est toujours heureux de retrouver, Carole Bouquet. C’est à L’Oeuvre qu’on les applaudira.

Une star en appelle une autre. Rassurez vous, on n’oublie pas Isabelle Adjani, mais elle ne commence que mi octobre avec Carmen Maura dans Kinship au Théâtre de Paris. En attendant, saluons Michel Bouquet qui reprend Le Roi se meurt d’Eugène Ionesco à Hébertot, en compagnie de son épouse, Juliette Carré.

Armelle Héliot


Tags : , , , , , , ,

Classés dans :